De violents combats ont opposé mardi activistes palestiniens aux chars israéliens à Gaza-ville, le président palestinien Mahmoud Abbas accusant Israël de chercher à "anéantir" la population du territoire dévasté par 18 jours d'opérations militaires sanglantes.
Bilan de 940 morts
Au moins 22 Palestiniens ont péri ces dernières heures dans et autour de Gaza-ville ainsi que dans d'autres secteurs du territoire contrôlé par le Hamas, ce qui porte à au moins 940 le bilan des morts Palestiniens dans l'offensive israélienne lancée le 27 décembre, selon des sources médicales.
Deux raids aériens dans l'après-midi ont coûté la vie à trois enfants qui jouaient dans la rue à Jabaliya (nord). Leurs corps ont été déchiquetés, ont affirmé ces sources. Deux Palestiniens ont été tués à Beit Lahya. Les chars israéliens ont avancé avant l'aube à Tal al-Hawa, cheikh Ajline et Zeitoun, des quartiers périphériques de Gaza-Ville, où des combats les ont opposés à des activistes palestiniens tirant des obus de mortier et des roquettes RPG, selon des témoins.
Offensives: 18ème jour qu'Israël tient bon
Les chars ainsi que l'aviation israélienne qui les appuyaient ont bombardé plusieurs cibles lors des incursions, ont-ils ajouté. Des dizaines de maisons ont été détruites ou endommagées par des obus de chars dans les trois quartiers de Gaza-ville. "C'est le 18ème jour de l'agression israélienne contre notre peuple et cette agression devient plus féroce chaque jour et le nombre de victimes augmente. Israël persiste dans cette agression pour anéantir notre peuple là-bas", a déclaré M. Abbas à Ramallah en Cisjordanie.
"Ce peuple tient bon. Il continuera de se défendre et ne capitulera pas", a-t-il ajouté à l'ouverture d'une réunion du Comité exécutif de l'OLP, la centrale palestinienne qu'il préside. M. Abbas, qui n'exerce aucune autorité à Gaza d'où ses forces ont été délogées par le Hamas en juin 2007, s'est aussi dit prêt à participer à un sommet arabe extraordinaire sur Gaza que le Qatar se propose d'accueillir.
Des victimes aussi dans le camp israëlien
Selon le chef des services d'urgences à Gaza, Mouawiya Hassanein, au moins 940 Palestiniens ont été tués dans l'offensive israélienne, dont 277 enfants, 97 femmes et 92 personnes âgées, et plus de 4.350 autres ont été blessés. Un jihadiste saoudien qui combattait aux côtés du Hamas a été tué dans l'offensive, ont rapporté des sites islamistes. Trois soldats israéliens ont été blessés, dont l'un grièvement, dans l'explosion d'une charge dans le nord de la bande de Gaza, selon l'armée. Au total, dix militaires et trois civils israéliens ont été tués depuis le 27 décembre.
Israël affirme avoir porté un coup sévère au Hamas en tuant plus de 550 de ses combattants et en blessant des milliers d'autres. Mais l'opération n'a pas fait cesser les tirs de roquettes sur le sud d'Israël, où trois de ces engins et un obus de mortier se sont abattus sans faire de victime, selon l'armée.
Des combats "compliqués" mais de nombreux "succès"
"Nous avons remporté de très nombreux succès contre le régime, les infrastructures et la branche militaire du Hamas mais notre mission n'est pas terminée", a affirmé Gabi Ashkenazi, le chef d'état-major, insistant sur le caractère "compliqué" des combats. Le chef de l'opposition de droite israélienne Benjamin Netanyahu, favori des sondages en vue des élections générales prévues le 10 février, a pour sa part estimé qu'Israël devrait en fin de compte renverser le Hamas.
Sur le front diplomatique, le Caire attendait mardi que le Hamas s'engage sans délai sur son plan pour un cessez-le-feu à Gaza, sur lequel le mouvement islamiste dit avoir des réserves. Le numéro deux du bureau politique du Hamas en exil à Damas, Moussa Abou Marzouk, a affirmé à la chaîne Al-Jazira qu'il y avait "une chance" que son mouvement accepte le plan égyptien si des modifications y étaient apportées, en citant de nouveau les exigences du groupe, "à savoir le retrait israélien, le cessez-le-feu et l'ouverture des points de passage".
L'ONU ne se sent pas écoutée, Ban Ki-Moon part au Caire
A New York, le Conseil de sécurité doit se réunir à 15h00 GMT pour discuter de la situation à Gaza, selon le porte-parole de la mission libyenne auprès de l'ONU, Ahmed Gebreel. C'est la première réunion de l'instance depuis l'adoption jeudi de la résolution 1860, appelant à l'instauration "d'un cessez-le-feu immédiat", mais restée lettre morte.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon est attendu mercredi au Caire, première étape d'une tournée au Proche-Orient. Un million d'habitants de la bande de Gaza, soit les deux-tiers de la population, vivent sans électricité, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours, selon l'ONU.
La Croix-Rouge et l'ONU plaident pour les blessés
Le président de la Croix-Rouge internationale, Jakob Kellenberger, qui a visité des hôpitaux à Gaza, a qualifié la situation de "vraiment très triste. Voir ce que je viens de voir est très douloureux". La situation à Gaza constitue un "test pour notre humanité", a dit le directeur des opérations à Gaza de l'Agence de l'ONU pour les Palestiniens (Unrwa), John Ging. Les populations civiles "ne sont pas (protégées) chez elles, elles ne le sont pas dans nos locaux" car les combats font rage partout. (afp/acx)


