MISE À JOUR
Israël a annoncé samedi l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu unilatéral, à minuit GMT, dans la bande de Gaza, après 22 jours d'une offensive sans précédent contre le mouvement islamiste Hamas qui a fait plus de 1.200 morts.
"A 02H00 locales (minuit GMT), nous cesserons le feu mais nous continuerons d'être déployés dans la bande de Gaza et autour", a déclaré M. Olmert lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv, en soulignant que "si nos ennemis décident de nous attaquer, l'armée israélienne se sentira libre de riposter". "Si le Hamas arrête totalement ses attaques, nous jugerons à quel moment nous quitterons la bande de Gaza", a-t-il dit.
Peu avant cette annonce, le cabinet de sécurité israélien avait voté à une écrasante majorité pour le cessez-le-feu unilatéral. Le Hamas a annoncé dans la journée qu'il continuerait de combattre si l'armée israélienne restait positionnée dans la bande de Gaza. "Nos objectifs, tels qu'ils ont été définis quand nous avons lancé l'opération ont été atteints totalement et même au-delà", a assuré M. Olmert lors d'une intervention télévisée. "Le Hamas a reçu un coup dur", a-t-il ajouté.
"Ses dirigeants se cachent. Beaucoup de ses hommes ont été tués. Des dizaines de tunnels ont été bombardés. Le nombre de tirs de roquettes contre Israël a été réduit. Les endroits d'où ont été tirés la plupart des roquettes sont sous contrôle des forces israéliennes", a insisté le Premier ministre. Il a également accusé le Hamas d'avoir "pris en otage" la population civile de Gaza "par ses actions terroristes sans prendre en considération ses souffrances".
M. Olmert a affirmé que l'armée israélienne avait fait "beaucoup plus pour épargner les civils que ne l'aurait fait aucun autre Etat", rappelant que l'armée avait régulièrement autorisé le transfert d'une aide humanitaire dans la bande de Gaza. Israël s'est fixé pour objectifs dans cette offensive de réduire les tirs de roquettes contre son territoire, en frappant durement l'appareil militaire du Hamas, et de faire cesser la contrebande d'armes entre l'Egypte et la bande de Gaza.
"Cette offensive a renforcé la capacité de dissuasion (d'Israël) contre ceux qui le menacent", s'est félicité M. Olmert. C'est la première fois dans son histoire qu'Israël décrète un cessez-le-feu unilatéral à l'issue d'un de ses conflits. En trois semaines d'offensive, au moins 1.203 Palestiniens ont été tués, dont 410 enfants et 108 femmes, et plus de 5.300 blessés, selon les services d'urgence de Gaza. D'après le Centre palestinien des droits de l'Homme à Gaza, 65% des morts sont des civils.
Côté israélien, 10 militaires et trois civils ont péri durant la même période. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a signé avec son homologue israélienne Tzipi Livni un accord bilatéral sur la contrebande d'armes mais leur homologue égyptien Ahmed Aboul Gheit, dont le pays a une frontière avec le territoire palestinien, a affirmé que Le Caire n'était pas "lié" par cet accord.
Les chefs du Hamas en exil exigent quant à eux un cessez-le-feu de la part d'Israël, mais aussi le retrait des troupes israéliennes, la levée du blocus et l'ouverture de l'ensemble des points de passage du territoire palestinien contrôlé par les islamistes. Le président égyptien Hosni Moubarak a appelé samedi Israël à cesser les combats "immédiatement" et "sans conditions", et à retirer ses troupes de la bande de Gaza. Il a en outre fait valoir que l'Egypte travaillait à sécuriser sa frontière avec la bande de Gaza et "n'accepterait jamais" de présence étrangère sur son territoire. (belga/th)


