L'Europe veut imposer sa présence au Proche-Orient

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Par: rédaction
19/01/09 - 13h35

A la veille de l'installation de Barack Obama, Nicolas Sarkozy veut croire que la France et l'Europe, qui ont affiché dimanche leurs prétentions en Egypte et en Israël, ont gagné leur place sur la scène diplomatique proche-orientale, jusque-là chasse gardée des Etats-Unis.

Jamais l'Europe n'avait dépêché un "quintet" aussi musclé dans la région. Avec le président français, les chefs de gouvernement des quatre autres "poids lourds" des 27 ont fait dimanche le déplacement à Charm-el-Cheikh autour du président égyptien Hosni Moubarak, puis à Jérusalem aux côtés du Premier ministre israélien Ehud Olmert.

A l'image de la chancelière allemande Angela Merkel, les cinq grands de l'Union européenne, flanqués de leur président en exercice le Tchèque Mirek Topolanek, ont délivré le même message.

Cessez-le-feu
"L'Europe et l'Allemagne veulent jouer et vont jouer tout leur rôle pour parvenir à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens", a déclaré Mme Merkel en Egypte. "L'Union européenne (...) est décidée à s'investir totalement dans ce conflit", a renchéri M. Sarkozy, dont le sommet de Charm-el-Cheikh constituait le deuxième déplacement dans la région depuis le début de la guerre de Gaza.

Après vingt-deux jours d'une offensive israélienne dans la bande de Gaza qui a fait plus de 1.300 morts dans les rangs palestiniens, le "G5" du Vieux Continent s'est félicité des cessez-le-feu proclamés chacun de leur côté par les deux belligérants et du début de retrait de Tsahal.

Un "premier pas" dont la France assure qu'il est une première victoire de la mobilisation européenne. "C'est parce qu'il y a eu un sommet à Charm el-Cheikh que le Hamas et Israël ont choisi d'annoncer leur cessez-le-feu", estime-t-on à l'Elysée.

L'Europe unie
Pour parvenir à "un règlement de long terme", selon les mots du Premier ministre britannique Gordon Brown, les Européens ont proposé dimanche d'une même voix leurs services, technologiques ou militaires, pour sécuriser la frontière qui sépare l'Egypte et la bande de Gaza, principal point de passage des armes du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Sans surprise, Paris s'est attribué toute la paternité de la mobilisation européenne. "C'est la France qui a entraîné les Européens", se flatte-t-on à l'Elysée, "Angela Merkel a failli ne pas venir parce qu'elle pensait que ça allait échouer, il a fallu la convaincre".

Persuadé de pouvoir imposer la France et l'Europe dans la région, Nicolas Sarkozy s'est empressé de proposer son propre calendrier en appelant à "une grande conférence internationale qui permettra enfin d'établir la paix cette année".

USA maîtres du jeu
Sans attendre Barack Obama qui a promis, dès le "premier jour" de son mandat, de "s'engager immédiatement" dans le processus de paix au Proche-Orient. "C'est la France qui a poussé l'Egypte à se lancer dans l'aventure (...) aujourd'hui, la seule perspective de règlement, c'est le plan égyptien", fait-on remarquer côté français.

En signant directement la semaine dernière avec la finissante administration de George W. Bush un accord bilatéral pour lutter contre la contrebande d'armes vers la bande de Gaza, Israël a pourtant sèchement rappelé aux Européens que les Etats-Unis restaient les maîtres du jeu.

Et dimanche, le roi Abdallah de Jordanie comme le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero leur ont reconnu ce statut en concédant attendre beaucoup de leur nouveau président.

"Bien sûr qu'on aura besoin des Etats-Unis d'Amérique, personne n'a l'idée de les exclure", a admis dimanche soir Nicolas Sarkozy. "Avec la crise russo-géorgienne, l'Europe a démontré qu'elle n'avait pas besoin de demander l'autorisation pour agir", relève-t-on à l'Elysée, "on ne peut pas attendre que les Etats-Unis aient froid pour mettre un cache-col". (belga)

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