Les pays arabes ont terminé mardi un sommet de deux jours à Koweït City sans parvenir à se mettre d'accord ni sur le texte d'un communiqué final consacré au récent conflit de Gaza, ni même sur la création d'un fonds de reconstruction de ce territoire palestinien.
Loin de résorber leurs divisions apparues au grand jour durant l'offensive israélienne contre le Hamas, ce sommet n'a fait que confirmer le fossé entre les pays arabes pro-occidentaux hostiles au mouvement islamiste palestinien, emmenés par l'Arabie saoudite et l'Egypte, et ceux qui le soutiennent, dont la Syrie et le Qatar.
Pas de position commune
Preuve de l'étendue de ces divergences, les ministres arabes des Affaires étrangères n'ont pas réussi à formuler un communiqué final sur l'opération israélienne qui a fait plus de 1.300 morts et plus de 5.000 blessés côté palestinien.
"Nous avons tenu une réunion à huis clos pour discuter du communiqué final sur Gaza", mais "nous ne sommes pas parvenus à un résultat à cause d'un manque de temps et de certaines positions", a déclaré le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, à la télévision koweïtienne.
Pour sa part, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal al-Meqdad, a fait état de "divergences entre les frères arabes". Le désaccord sur le communiqué final a entraîné un retard de plus de deux heures de la séance de clôture du sommet. Les divergences entre pro et anti-Hamas sont également apparues à propos de l'aide à la reconstruction de Gaza.
Aide à la reconstruction?
Le projet de création d'un Fonds de reconstruction doté de 2 milliards de dollars était à l'ordre du jour du sommet sur une recommandation formulée par les ministres arabes des Affaires étrangères. "Les dirigeants arabes s'engagent à apporter toute forme de soutien (...) à la reconstruction de Gaza et se félicitent des contributions annoncées jusqu'à présent", ont déclaré dans leur Déclaration finale les dirigeants des 22 membres de la Ligue arabe, sans donner de chiffres.
Le roi Abdallah d'Arabie saoudite avait annoncé lundi une aide d'un milliard de dollars pour la reconstruction de la bande de Gaza. Mais le texte, lu par le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, ne fait aucune référence aux mécanismes de reconstruction du territoire palestinien.
"Les ministres des Affaires étrangères et le secrétaire général de la Ligue ont été chargés de suivre les développements de cette question", ajoute le communiqué, une manière de dire que le projet est reporté sine die. De source diplomatique, on indiquait que la réunion avait buté sur le mécanisme de fonctionnement du fonds de reconstruction, mais aussi sur un réengagement des pays arabes en faveur du plan de paix arabe, auquel s'oppose notamment la Syrie.
Retrait des territoires
Adopté en 2002 et relancé en 2007, ce plan de paix d'inspiration saoudienne offre à Israël une normalisation de ses relations avec les pays arabes en échange de son retrait des territoires arabes occupés en 1967. L'Etat hébreu n'a jamais accepté cette initiative, même s'il a dit y relever des éléments positifs.
Lundi soir, au premier jour du sommet, le souverain saoudien et le président égyptien Hosni Moubarak avaient pourtant rencontré le président syrien Bachar al-Assad et l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, pour tenter de mettre fin à ces divisions, mais la réunion n'a visiblement pas permis d'aplanir les divergences. (belga)


