Israël s'indigne d'être accusé de "crimes de guerre"

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Par: rédaction
30/01/09 - 13h25
La ministre des Affaires étrangères israélienne Tzipi Livni a dit à son homologue espagnol qu'Israël considérait l'enquête "avec la plus grande gravité".
Une enquête espagnole vise l'ex-ministre israélien de la Défense Benjamin Ben Eliezer.

Israël, mis en cause sur la scène internationale pour des "crimes de guerre" que son armée aurait commis à Gaza, récuse à ses accusateurs le droit de lui donner des leçons de morale.

L'annonce par la justice espagnole d'une enquête pour "crimes contre l'humanité" pour un bombardement à Gaza remontant à 2002, onze jours après l'offensive meurtrière israélienne dans le territoire palestinien, a provoqué en Israël des protestations véhémentes.

Nul ne nie qu'en 2002 et encore plus lors de l'offensive "plomb durci", l'armée ait tué des civils innocents lors de ses bombardements massifs, mais ces morts de "personnes non impliquées, " selon la terminologie en usage, sont qualifiées de bavures regrettables, absolument pas intentionnelles.

"Hypocrisie"
Les responsables incriminés et les dirigeants comme le vice-Premier ministre Haïm Ramon accusent le monde d'"hypocrisie", affirmant que l'armée prend bien plus soin d'éviter des "victimes collatérales" que ne le font les forces des coalitions engagées en Afghanistan et en Irak ou jadis les Russes en Tchéchénie ou l'Otan contre la Serbie.

L'enquête espagnole porte sur la mort de quatorze civils et d'un responsable militaire du Hamas en 2002. Elle vise l'ex-ministre israélien de la Défense Benjamin Ben Eliezer et six hauts responsables militaires.

"Tous ceux qui nous donnent des cours de morale feraient mieux d'accuser le Hamas", rétorque M. Ben-Eliezer.

Politique

"Toute cette affaire est politique. L'objectif est de délégitimer Israël", a affirmé vendredi à la radio militaire l'un des responsables incriminés, le chef d'état-major de l'époque Moshe Yaalon, aujourd'hui candidat du Likoud (droite) aux législatives du 10 février.

C'est une accusation "délirante", a renchéri un autre responsable, Avi Dichter, l'ex-chef du Shin Beth (service de sécurité intérieure) et ministre de la Sécurité intérieure.

Le ministre de la Défense Ehud Barak a estimé que "quiconque désigne comme un crime contre l'humanité l'élimination d'un terroriste vit dans un monde à l'envers".

"Il y a une limite"
La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni a appelé pour sa part son homologue espagnol Miguel Angel Moratinos pour l'informer qu'Israël considérait l'enquête "avec la plus grande gravité" pour les relations bilatérales, reprochant à la justice espagnole de n'avoir pas attendu les résultats d'une enquête israélienne.

Il est vrai qu'il avait fallu cinq ans pour qu'une commission israélienne soit chargée en 2007 d'enquêter sur la mort de quatorze civils lors de l'assassinat de Salah Chehadé.

Le parquet avait informé en septembre 2007 la Cour suprême de la création de cette "commission de vérification" à la suite d'un recours devant les tribunaux de l'organisation pacifiste "Il y a une limite" ("Yesh Gvoul").

Bombardements
Le 22 juillet 2002, un F16 israélien avait largué une bombe d'une tonne tuant, outre Salah Chéhadé, chef de la branche armée du Hamas, sa femme, ses huit enfants et d'autres civils.

Chéhadé, impliqué dans une série d'attentats anti-israéliens, avait jusqu'alors échappé à plusieurs tentatives de liquidation de l'armée israélienne, qui l'avait traqué sans relâche dans la bande de Gaza.

La Cour suprême d'Israël s'était bornée à enregistrer en 2004 les explications du chef de l'armée de l'air, le général Dan Haloutz, futur chef d'état-major, sur ses déclaration selon lesquelles le bilan du bombardement "ne l'empêchait pas de dormir".

Le juge madrilène Fernando Andreu a jugé recevable une plainte du Centre palestinien pour les droits de l'homme sur le bombardement, qui avait aussi blessé quelque 150 Palestiniens. (belga)

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