L'Iran prône la "résistance" pour "sauver la Palestine"

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Par: rédaction
4/03/09 - 13h01

L'Iran a appelé mercredi à la "résistance" des musulmans pour "sauver la Palestine" en rejetant la solution de deux Etats palestinien et israélien prônée par les pays arabes et les grandes puissances.

"La résistance est le seul moyen de sauver la Palestine", a déclaré le guide suprême iranien Ali Khamenei, qualifiant Israël de "tumeur cancéreuse", en ouverture d'une conférence à Téhéran sur la bande de Gaza. L'ayatollah, la plus haute autorité de l'Etat, a réitéré son idée d'un retour de tous les réfugiés palestiniens suivi d'un référendum sur l'avenir du territoire israélien.

La veille, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait affirmé au cours d'une visite en Israël qu'"au final, oeuvrer à une solution à deux Etats est inévitable". La conférence de Téhéran, qui réunit pendant deux jours des représentants de pays de la région, se veut une réponse à une rencontre qui s'est terminée lundi en Egypte par un engagement de 75 donateurs internationaux à verser près de 4,5 milliards de dollars sur deux ans pour la reconstruction de Gaza.

Le guide suprême a aussi accusé le président américain Barack Obama de prendre la "défense du terrorisme gouvernemental" d'Israël malgré ses promesses de changement de politique. "Même le nouveau président des Etats-Unis arrivé au pouvoir sur un slogan de changement parle d'un soutien inconditionnel à la sécurité d'Israël", a-t-il dit. L'Etat hébreu est l'ennemi juré de la République islamique qui ne reconnaît pas son existence et soutient fermement le mouvement palestinien Hamas qui contrôle Gaza.

Le guide suprême a qualifié d'"erreur de jugement" le fait qu'"un pays nommé Israël soit une réalité de 60 ans qui doive être acceptée. Une autre erreur est de dire que la seule façon de sauver les Palestiniens est par la négociation". Il a appelé "tous les frères et soeurs musulmans à joindre leurs forces pour briser l'immunité des criminels sionistes" et à poursuivre "les responsables politiques et militaires (israéliens) qui ont joué un rôle dans le désastre de Gaza". Le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, qui lui a succédé à la tribune, a également appelé à l'établissement d'un "front global antisioniste" et à "punir sérieusement les criminels sionistes".

Les positions iraniennes sont critiquées par les pays arabes de la région. Mardi au Caire, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud Al-Fayçal, a exhorté ses homologues arabes à ne pas tolérer que des pays non-arabes, dans une référence directe à l'Iran perse, s'ingèrent dans les affaires de l'Irak, du Liban et des Palestiniens. Il a aussi engagé les pays arabes à faire face au "défi iranien". L'Iran se pose régulièrement en premier défenseur de la cause palestinienne, et critique les pays de la région qui envisagent une coexistence pacifique avec Israël.

Le secrétaire de la conférence de Téhéran, Ali Akbar Mohtashamipour, a ainsi déclaré à l'agence Fars que "ceux qui ont participé à cette conférence (de Charm el-Cheikh) et ont tenu ce spectacle de marionnettes approuvent les atrocités du régime sioniste à Gaza". La télévision iranienne a montré des images des représentants étrangers à la réunion de Téhéran sans qu'il soit possible d'identifier la plupart d'entre eux. Parmi les rares personnalités reconnaissables se trouvent le président du parlement libanais Nabih Berri, allié du Hezbollah chiite libanais, et le N2 du bureau politique du Hamas en exil, Moussa Abou Marzouk. (belga/th)

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