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Lieberman, soupçonné de corruption, interrogé par la police

7S7 mise à jour   Le ministre israélien des Affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, a provoqué dès son entrée en fonction des remous en Israël et à l'étranger en adoptant des positions dures vis-à-vis des Palestiniens et des Syriens.

La police a par ailleurs annoncé qu'il avait été longuement interrogé jeudi pour des soupçons de corruption.

M. Lieberman est le chef du parti d'extrême-droite Israël Beiteinou, arrivé troisième lors des législatives de février provoquées par la démission du Premier ministre Ehud Olmert, lui-même mis en cause dans des affaires de corruption.

Jeudi, le nouveau chef de la diplomatie israélienne a exclu toute concession sur le plateau du Golan conquis sur la Syrie, après avoir rejeté, la veille à sa prise de fonction, le processus d'Annapolis qui a relancé fin 2007 les négociations de paix pour parvenir à un accord sur un Etat palestinien.

"Il n'y a pas de résolution du cabinet israélien concernant les négociations avec la Syrie et nous avons déjà dit que nous n'accepterions pas de retrait du Golan", a-t-il affirmé au quotidien Haaretz.

Damas veut récupérer la totalité du plateau conquis en 1967 et annexé en 1981 par l'Etat hébreu.

Sur le front palestinien, M. Lieberman a affirmé mercredi que son pays n'était "lié" que par la Feuille de route, un plan de paix élaboré par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) prévoyant à terme la création d'un Etat palestinien. Mais son application étape par étape s'est avérée extrêmement problématique depuis son lancement en 2003.

A la conférence d'Annapolis (Etats-Unis), M. Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas avaient décidé de négocier directement les questions-clés comme les frontières, le sort des colonies et de Jérusalem dans la prespective de la création d'un Etat palestinien.

Washington a réagi aux propos de M. Lieberman en plaidant à nouveau en faveur d'une solution "à deux Etats".

M. Lieberman et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton ont convenu lors d'un entretien téléphonique de se rencontrer le "plus vite possible", a-t-on appris au bureau de M. Lieberman.

L'Egypte, liée par un traité de paix à Israël, a qualifié jeudi de "regrettables" les déclarations de M. Lieberman.

En Israël, l'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, désormais chef de l'opposition, a de son côté pressé M. Netanyahu de désavouer son chef de la diplomatie.

Le député travailliste Ofer Pines-Paz, opposé au ralliement de son parti à la coalition gouvernementale, a estimé que M. Lieberman représentait "une menace stratégique pour Israël".

M. Lieberman a par ailleurs été entendu jeudi par des enquêteurs de la police des fraudes "pour des soupçons de corruption, de fraude, de blanchiment d'argent et d'abus de confiance", a précisé le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

Selon des médias, M. Lieberman aurait reçu de "très importantes sommes d'argent en provenance de l'étranger" pour financer ses campagnes électorales. Ces fonds auraient transité grâce à des sociétés fictives et différents comptes bancaire.

Dans un communiqué de son bureau, M. Lieberman a dit avoir "coopéré" avec la police et s'est dit "pressé de mettre fin à cette enquête et à cette affaire qui dure depuis 13 ans".

La police s'était abstenue de convoquer M. Lieberman ces dernières semaines en raison des négociations en cours pour former un gouvernement. (belga)
02/04/09 18h52
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