Jérusalem "restera toujours" la capitale unifiée d'Israël
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a répété jeudi que Jérusalem "restera pour toujours" la capitale unifiée d'Israël, lors d'une cérémonie marquant le 42ème anniversaire de la conquête et de l'annexion du secteur oriental de la ville.
La capitale (que) d'Israël"Jérusalem est la capitale d'Israël. Elle l'a toujours été, le restera pour toujours et ne sera jamais divisée", a déclaré M. Netanyahu durant cette cérémonie à la Colline des munitions, haut lieu des combats qui ont opposé les troupes israéliennes à celles de la Jordanie durant la guerre israélo-arabe de juin 1967. Israël observe le calendrier hébraïque lunaire pour marquer cette cérémonie annuelle.
"Le lien du peuple juif et de Jérusalem remonte à des milliers d'années (...) Elle restera unifiée sous notre souveraineté. Jamais depuis que la ville a été réunifiée, la liberté de culte pour tous n'a été aussi pleinement assurée", a poursuivi M. Netanyahu.
Peu auparavant, le chef de l'Etat hébreu, Shimon Peres, avait de son côté déclaré: "Jérusalem a été et restera la capitale d'Israël, et n'a jamais été la capitale d'aucun autre Etat". L'Autorité palestinienne a dénoncé les propos des responsables israéliens, le porte-parole de la présidence, Nabil Abou-Roudeïna, affirmant que de "telles déclarations constituent un défi au projet d'une solution à deux Etats" palestinien et israélien vivant côte à côte.
Enjeu le plus sensibleIl a appelé l'administration du président américain Barack Obama à intervenir pour faire cesser cette "politique israélienne et ces déclarations qui détruisent tous les efforts pour une paix juste et globale dans notre région". "Jérusalem-est est une terre palestinienne occupée comme tous les territoires palestiniens occupés par Israël depuis le 4 juin 1967, et dont elle doit se retirer comme de la partie orientale de Jérusalem", a dit M. Abou Roudeina.
Il a répété que "le peuple palestinien comme ses dirigeants avec à leur tête le président Mahmoud Abbas n'accepteraient rien d'autre que Jérusalem-est capitale éternelle de l'Etat palestinien indépendant qui verra le jour bientôt malgré toutes les tentatives d'Israël de la judaïser".
Quelque 200 Palestiniens et Israéliens ont de leur côté manifesté jeudi à Jérusalem-est contre l'annexion par Israël de la partie orientale de la ville. Cette annexion de facto a été complétée par le vote le 30 juillet 1980, d'une "loi fondamentale" proclamant Jérusalem "réunifiée et capitale éternelle d'Israël". Des députés de la coalition de droite au pouvoir en Israël ont annoncé jeudi le dépôt d'un projet de loi contre toute concession sur Jérusalem, exigeant une majorité spéciale pour toute modification des limites municipales.
Pierre d'achoppementLe précédent gouvernement israélien avait laissé entendre qu'Israël pourrait renoncer à sa souveraineté sur certains quartiers arabes de Jérusalem-est dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat. Mais l'actuel gouvernement de droite dirigé par Benjamin Netanyahu, issu des élections du 10 février, écarte une telle option. L'annexion de Jérusalem-est, suivie par des constructions massives de quartiers de colonisation n'a jamais été acceptée par la communauté internationale.
La question de Jérusalem a été l'une des pierres d'achoppement des pourparlers entre Israël et les Palestiniens, aujourd'hui au point mort. La population actuelle de Jérusalem s'élève à 760.800 personnes dont près de 492.400 juifs (65%) et 268.400 Arabes (35%), presque tous des Palestiniens de Jérusalem-est, selon des chiffres publiés cette semaine par l'Institut de Jérusalem d'études israéliennes. (afp/acx)