Marwan Barghouthi, secrétaire général du Fatah pour la Cisjordanie emprisonné en Israël, a été élu pour la première fois au Comité central du parti palestinien, alors qu'Ahmad Qoreï, un ancien Premier ministre, en a été évincé, a indiqué mardi un responsable.
M. Barghouthi, qui purge cinq peines de prison à perpétuité, a été élu lors du vote qui s'est déroulé dimanche et lundi à Bethléem à l'occasion du Congrès du Fatah, réuni pour la première fois depuis 20 ans, a précisé ce responsable qui a requis l'anonymat.
Nouveaux venus
Selon lui, quinze des 18 postes au Comité central, l'une des deux instances dirigeantes du Fatah avec le Conseil révolutionnaire, sont revenus à de nouveaux élus. Marwan Barghouthi, 50 ans, a été condamné par un tribunal israélien pour son implication dans quatre attentats anti-israéliens.
Deux autres dirigeants de la même génération que Marwan Barghouthi, l'ex-chef de la Sécurité préventive en Cisjordanie, Jibril Rajoub, 56 ans, et l'ancien homme fort du Fatah à Gaza, Mohammed Dahlane, 48 ans, également chef de la Sécurité préventive dans cette région, ont été élus.
En revanche, Ahmad Qoreï, 72 ans, un vétéran du Fatah, qui avait été chef du gouvernement et avait mené les négociations ayant abouti aux accords sur l'autonomie palestinienne conclus avec Israël en 1993, n'a pas été élu. Quelque 2.000 délégués avaient voté dimanche et lundi pour désigner les nouveaux Comité central et Conseil révolutionnaire.
Pouvoir réduit
Le Comité central compte 21 membres le Conseil révolutionnaire 120. Dix-huit membres de la première instance et 80 de la seconde étaient soumis à l'élection, tandis que les autres seront désignés par la nouvelle direction. Samedi, le délégués ont réélu le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à l'unanimité à la tête du mouvement qu'il dirige depuis la mort en 2004 de Yasser Arafat, fondateur du Fatah à la fin des années 1950.
Le Fatah monopolisait le pouvoir au sein de l'Autorité palestinienne avant d'être battu aux législatives en 2006 par le Hamas qui l'a ensuite délogé par la force de Gaza en 2007. Son pouvoir se limite depuis à la Cisjordanie occupée par Israël. Plusieurs délégués ont rendu la direction actuelle du Fatah responsable de ses échecs.
Dans son programme politique adopté samedi, le Fatah a rappelé "son attachement à l'option d'une paix juste" avec Israël, tout en réitérant "le droit du peuple palestinien à la résistance contre l'occupation, conformément à la loi internationale". (afp)


