Al Gore veut placer l'économie de marché au service du climat

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Par: rédaction
9/12/07 - 17h35

L'ancien vice-président américain Al Gore, colauréat du prix Nobel de la paix, a estimé dimanche à Oslo que les mécanismes de l'économie de marché pouvaient être les meilleurs outils pour lutter contre le changement climatique en permettant de "donner un prix" au CO2.

A la veille de la remise du Nobel qui lui a été conjointement attribué avec le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), M. Gore a plaidé en faveur de l'instauration d'un marché du carbone à l'échelle mondiale et pour la mise en place d'une taxe carbone.

"Etant donné que les marchés distribuent plus d'argent en une heure que les gouvernements du monde entier ne le font en un an, nous devons trouver un moyen d'exploiter l'énergie et la vitalité du marché pour nous aider à réduire les émissions de CO2", a dit l'ancien vice-président, candidat malheureux à la Maison Blanche en 2000. "Il nous faut mettre un prix sur le carbone", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à l'Institut Nobel d'Oslo, une ville où - signe peut-être du réchauffement climatique - la neige a fait une timide et tardive apparition dimanche. Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal gaz à effet de serre, des gaz accusés d'être à l'origine du changement climatique.

Récompensé par le comité Nobel pour avoir tiré la sonnette d'alarme sur le changement climatique avec son documentaire "Une vérité qui dérange", M. Gore préconise la mise en place d'un marché global des émissions de CO2, à l'instar de celui qui existe déjà dans l'Union européenne.

Imaginé par les pays signataires du protocole de Kyoto, le marché du carbone permet d'échanger des permis d'émission, ou "droits de polluer": il vise à endiguer les émissions de CO2, en imposant des quotas aux pollueurs tout en leur permettant d'acheter des droits d'émission à ceux qui polluent moins.

"Je suis extrêmement favorable à une taxe carbone, d'un montant élevé et dont les recettes seraient rendues aux gens sous la forme d'un rabais progressif qui décourage les émissions de CO2", a aussi déclaré M. Gore, en précisant qu'un tel mécanisme n'accroîtrait pas la pression fiscale. Il s'agit là aussi de "donner un prix" à la pollution de l'atmosphère, en taxant les produits en fonction de leurs émissions en CO2.

M. Gore, 59 ans, a souligné que les nations les moins affectées par le réchauffement climatique se devaient d'être solidaires avec les Etats les plus vulnérables, souvent déjà pauvres, citant Martin Luther King qui disait qu'"une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier". "De la même façon, l'augmentation des émissions de CO2 quelque part représente une menace pour l'avenir de la civilisation dans le monde entier", a-t-il affirmé. (afp)

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