Le réchauffement climatique inquiète moins que la crise économique
Malgré les nombreux avertissements issus du monde des experts et scientifiques, la plupart des gens ne sont pas vraiment conscients du danger et des conséquences du réchauffement climatique. Cela est dû à plusieurs causes psychologiques, écrit dimanche le
Sunday Telegraph.
"Mentalité de dénégation"La crise économique les préoccupe bien davantage que les enjeux environnementaux et climatiques, selon Clive Hamilton, professeur à l'Australian National University qui a mené une enquête sur le sujet.
Le professeur a comparé cette "mentalité de dénégation" passive à celle notamment des populations britannique et allemande à la veille de la seconde guerre mondiale et estimé que cette passivité ne peut être modifiée qu'en augmentant le "facteur de peur".
Augmenter le "facteur peur"Pour son enquête, le chercheur australien est parti de la théorie du psychologue suisse Kübler-Ross, qui dit que lors de mauvaises nouvelles, nous adoptons certaines réactions. Pour le réchauffement climatique, le chercheur a aussi constaté des réactions comme le déni, l'apathie et l'action.
Les personnes qui refusent absolument de croire que les gaz à effet de serre font grimper les températures sur la Terre représentent l'un de ces trois groupes. Une petite minorité est par contre prête à agir, à modifier ses habitudes de vie et tente de faire pression sur les autorités.
Faire comme s'il ne se passait rien ou rejeter la faute sur les autresMais la plupart des personnes font usage de ce que le professeur appelle "des stratégies mal adaptées": faire comme s'il ne se passait rien ou rejeter la faute sur les autres. Elles se convainquent elles-mêmes que les experts "exagèrent probablement" car dans le cas contraire, "le gouvernement aurait fait quelque chose".
Dans la perspective de la conférence de Copenhague en décembre, où il sera question des suites à donner à Kyoto, le professeur Hamilton a lancé un appel à la communauté scientifique afin que celle-ci informe mieux la population. (belga/th)