Une médaille pour l'écologie des JO de VancouVERT?

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Par: rédaction
8/12/09 - 11h05
La flamme olympique passant par Québec, la semaine dernière.

Aux Jeux Olympiques d'hiver 2010, la ville de Vancouver vise une médaille d'or dans l'épreuve du développement durable, nonobstant les critiques des écologistes et des militants antiolympiques. Vancouver veut montrer au monde entier qu'elle sera la ville la plus verte à l'ouverture des JO d'hiver en février.

Bilan environnemental neutre
Le Comité d'organisation des jeux (Covan) a promis de laisser un bilan environnemental neutre après la fête, quitte à modérer la folie des grandeurs. Ici, pas d'opulent Nid d'oiseau comme à Pékin pour accueillir les cérémonies d'ouverture et de clôture, qui se dérouleront dans un des "chaudrons" du centre-ville, le stade couvert BC Place.

Normes et utilité
Certains sites olympiques ont été modernisés et adaptés sur des bâtiments et des pistes existants. Quant aux infrastructures sorties de terre pour l'occasion, six d'entre elles visent la certification internationale or et argent du Leed (Leadership in Energy and Environmental Design). "Nous ne les avons pas seulement conçues selon des normes environnementales mais également dans le but d'être utiles pour la communauté", affirme Ann Duffy, directrice de la Durabilité au Covan. Ainsi, l'Anneau de Richmond (au sud de Vancouver), site du patinage de vitesse, est déjà au service du public et des sportifs depuis plus d'un an et peut être transformé pour abriter deux terrains de hockey, huit de basket et une salle de gymnastique.

Multiples idées
Ici, tout a été pensé pour réduire l'empreinte environnementale. La chaleur résiduelle provenant de la fabrication de la glace est utilisée pour chauffer le bâtiment. Les eaux de pluie venant du toit alimentent les toilettes et le système d'irrigation entourant le site. Et l'imposante toiture est faite avec "du bois que l'on croyait invendable parce qu'endommagé par un insecte, le dendroctone du pin ponderosa", souligne Ann Duffy.

Location plutôt qu'achat
Dans les coulisses de l'organisation, le Covan, dont les représentants voyagent en véhicule hybride pendant le relais de la torche olympique, privilégie "l'achat de fournitures avec des emballages légers, et la location, par exemple de meubles et barrières, plutôt que de les acheter et de ne savoir qu'en faire après les Jeux", ajoute-t-elle. Sans tous ces efforts, notre bilan carbone serait de 20% plus élevé, estime le comité organisateur, le premier à avoir intégré un engagement en matière de durabilité dans sa candidature.

Programme de compensation
Pour la première fois dans l'histoire olympique, le Covan vise l'annulation des émissions de gaz à effet de serre, générées pendant l'organisation et le déroulement des Jeux, à travers un programme de compensation mis en place par la société canadienne Offsetters. En achetant des crédits, le Covan participe au financement de projets environnementaux dans le monde qui permettent de limiter l'effet de serre. Sur la facture carbone, 118.000 tonnes sont directement imputables au Covan, 150.000 autres indirectement liées aux Jeux, étant générées par les voyages et la présence des spectateurs, médias, sponsors et partenaires.

Outre le Covan, trente-deux partenaires se sont engagés à compenser leur empreinte carbonique. C'est la fondation écologiste David Suzuki (DSF) qui a dressé en 2007, à la demande du Covan, un inventaire des émissions de carbone causées par les jeux, estimées à l'époque à 330.000 tonnes, chiffre revu depuis à la baisse à 268.000 tonnes.

Budget pourtant jugé dérisoire
La même fondation n'en juge pas moins que la vitrine environnementale de Vancouver 2010 manque d'éclat. Par exemple, le budget dédié à la durabilité représente moins de 1% du budget total du Covan, relève Deborah Carlson, spécialiste du changement climatique à DSF.

Blanchiment écologique?
Et pour les militants antiolympiques réunis dans le Réseau de résistance, les jeux verts sont avant tout une vaste campagne de propagande, de "blanchiment écologique". (afp/7sur7)

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