Le plan européen pour le climat critiqué par plusieurs Etats

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Par: rédaction
3/03/08 - 22h43

Plusieurs Etats de l'UE, notamment en Europe de l'Est, ont exprimé lundi de sérieuses réserves et des critiques contre le plan d'action présenté par la Commission européenne pour lutter contre le réchauffement climatique.

"Les mesures prévues risquent d'avoir des impacts négatifs pour le niveau de vie de nos citoyens et pour la compétitivité de nos entreprises", a estimé le ministre polonais de l'Environnement Maciej Nowicki. Son homologue luxembourgeois Lucien Lux a, lui, accusé le plan d'action de "ne pas tenir compte des particularités nationales" et "de ne pas tenir compte des potentiels réalistes pour les réductions des émissions de gaz carbonique".

Réduction de 20%
Ce plan présenté le 23 janvier entend donner à l'UE les outils pour atteindre l'objectif qu'elle s'était fixé en mars 2007: réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990 d'ici à 2020 et, sur cette même période, porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation. L'une des mesures phares consiste à faire payer, à partir de 2013, aux industries les plus polluantes de l'Union européenne des "permis de polluer", jusqu'ici gratuits.

Le secteur de l'électricité, d'où provient une grande partie des émissions de CO2, va devoir intégralement payer pour obtenir des droits à polluer vendus aux enchères à compter de cette date. Les secteurs d'activité non inclus dans le système payant, comme les transports, l'habitat et l'agriculture, ont eux aussi des objectifs de réduction déclinés par pays, calculés en fonction de la richesse de chaque pays.

Division
Un clivage est apparu entre les nouveaux adhérents à l'UE d'Europe de l'Est et les "anciens" membres du bloc, sur l'effort de réduction des émissions de CO2 de l'industrie. La Commission européenne propose de limiter ces émissions de 21% sur la base des niveaux de 2005. La Hongrie, la Slovaquie, la Lettonie, la Roumanie, la Lituanie et la Bulgarie ont réclamé de "prendre 1990 pour année de référence afin de tenir compte des efforts réalisés", a souligné le ministre bulgare Atanas Kostadinov.

"Nous devons éviter une ligne de démarcation entre les anciens et les nouveaux", a plaidé le ministre hongrois Gabor Fodor. La plupart des pays d'Europe centrale sont dépendants du charbon pour leur production d'électricité, et leurs représentants ont demandé à leurs partenaires européens de "tenir compte de ces spécificités".

Accord nécessaire
"En 2013, nous devrons acheter 100% des droits à polluer. Cela nous coûtera 5 milliards d'euros par an et le prix de l'énergie va augmenter de 50 à 70%", a expliqué le ministre polonais. "Il est important d'avoir un accord pour la fin de l'année 2008", a pour sa part insisté le ministre français Jean-Louis Borloo, dont le pays assurera la présidence de l'UE au second semestre 2008.

"Nous devons montrer notre engagement à réduire nos émissions de 20% s'il n'y a pas d'accord international et de 30% en cas d'accord international", a-t-il ajouté, reprenant un argument développé par le secrétaire d'Etat allemand Matthias Machnig. La Commission européenne espère un accord international en 2009. "La crédibilité et le rôle d'avant-garde joué par l'Union européenne vont dépendre de sa capacité à réaliser des réductions réelles des émissions de gaz à effet de serre", a averti le commissaire Stavros Dimas.

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