Le Jardin botanique national de Belgique de Meise a à nouveau lancé lundi un cri d'alarme concernant le réchauffement climatique: les températures élevées qui arrivent de plus en plus tôt dans l'année perturbent de plus en plus la nature. "En gros, on peut dire que la végétation est soumise au stress", affirme Koes Es, du Jardin botanique.
"Les plantes et les animaux doivent aujourd'hui tenir compte d'un mélange de menaces qui, pour la première fois de l'histoire, surviennent toutes en même temps", explique-t-il. La nature doit déjà faire face à la pollution du sol, de l'air et de l'eau et au morcellement du territoire. Les changements climatiques viennent donc s'y ajouter.
"C'est sans doute la goutte d'eau qui fait déborder le vase", commente Koes Es. "Pour certaines espèces de plantes, il est déjà trop tard." "La nature est en pleine tourmente. C'est comme une toile d'araignée: si on tire un de ses fils, toute la toile se défait", poursuit Koes Es.
Ainsi, le chêne rouvre fleurit en moyenne dix jours plus tôt qu'il y a trente ans. Le papillon d'hiver dont les larves se nourrissent des feuilles de ce chêne a réussi à s'adapter et pond ses oeufs neuf jours plus tôt. Mais la mésange charbonnière, qui se nourrit des larves de ce papillon arrive quant à elle trop tard. L'homme joue un rôle très important dans de tels changements. "La plupart des organismes ne sont tout simplement pas en état de s'adapter à ce rythme de changements, cela va beaucoup trop vite."


