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Les principaux pollueurs en quête d'un avenir commun à Paris

Les 16 principales économies de la planète, qui sont aussi les plus polluantes, se retrouvent cette semaine à Paris pour poursuivre un dialogue informel, lancé en septembre par les Etats-Unis et désormais inscrit au calendrier des rendez-vous réguliers sur le climat.

Après un premier sommet en septembre 2007 à Washington suivi d'une réunion d'experts en janvier à Hawaï, Paris accueille la troisième édition des MEM - pour "Major economies meeting" ou rencontre des principales économies - les 17 et 18 avril, avec la participation de ministres et secrétaires d'Etat chargés de l'environnement.

Rassemblement majeur
Les MEM rassemblent les huit pays les plus industrialisés du G8, les cinq grands émergents - Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Mexique - ainsi que la Corée, l'Indonésie et l'Australie, soit 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et 80% de la consommation d'énergie.

Considérés initialement avec méfiance par l'Union européenne, qui craignait un parasitage du processus de négociations sous l'égide de l'ONU - d'autant qu'il émanait des Etats-Unis, seul pays à ne pas avoir ratifié le Protocole de Kyoto - les MEM sont aujourd'hui perçus de façon générale comme une occasion supplémentaire de dialogue.

Aucune décision
L'UE entend réduire unilatéralement ses émissions de 20% au moins d'ici 2020 et plaide pour -50% en 2050. Mais là où la Convention et le Protocole impliquent des négociations sur des objectifs chiffrés et contraignants de réduction des émissions polluantes, le MEM est simplement un cadre d'échanges sans décision à la clé et qui privilégie, pour l'heure, les engagements volontaires, notamment par secteurs d'activité industriels. Le dialogue y est facilité par un nombre limité d'acteurs, comparés aux 190 dans l'enceinte onusienne.

De passage à Paris fin février, le conseiller du président américain aux affaires économiques internationales Daniel Price expliquait que son pays "travaillait à une déclaration des leaders" qui serait publiée à l'occasion du prochain sommet du G8 en juillet au Japon. "Nous espérons que les MEM vont s'accorder autour d'une série de recommandations que nous pourrons transmettre à l'ONU".

Pour Washington, ajoutait-il, "les principales économies doivent toutes accepter des réductions légalement contraignantes de leurs émissions. Mais on peut différencier la manière de s'y prendre et le rythme". Après tout, ajoutait-il, "l'Europe et les Etats-Unis pourraient éteindre aujourd'hui la lumière et quoi? Arriverait 2030, puis 2050, et nous n'aurions rien résolu" pour souligner la nécessité d'intégrer toutes les grandes économies, en commençant par les émergents comme la Chine - en passe de devenir le premier pollueur mondial -, qui échappent à ce jour aux contraintes de Kyoto.

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