Bush juge un accord sur le climat possible avant la fin de son mandat

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Par: rédaction
10/06/08 - 16h04
Le Premier ministre slovène Janez Jansa (droite) a admis que l'UE et les Etats-Unis avaient "des vues différentes" sur la manière de lutter contre le réchauffement climatique.

Le président américain George W. Bush a jugé mardi possible de parvenir à un accord mondial sur la lutte contre le réchauffement climatique avant la fin de son mandat en janvier 2009, mais les Européens se sont montrés plutôt sceptiques.

"Je pense que nous pouvons obtenir un accord sur les changements climatiques mondiaux dans le courant de ma présidence", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'un sommet UE-USA d'une journée en Slovénie. Cette question divise les Européens et les Etats-Unis. Les premiers jugent que le seul moyen de parvenir à réduire durablement les émissions de gaz à effet de serre est de fixer des objectifs contraignants.

L'administration Bush ne veut pas en entendre parler si les pays émergents comme la Chine ou l'Inde y échappent. Le président américain a lancé en 2007 sa propre initiative sur le climat, visant à impliquer toutes les grandes économies mondiales dans l'effort. Elle est considérée par beaucoup comme un moyen de concurrencer les efforts de l'ONU, même si le président affirme qu'il s'agit d'une contribution à l'effort. Le Premier ministre slovène Janez Jansa, qui conduisait la délégation européenne au cours du sommet, a admis que l'UE et les Etats-Unis avaient "des vues différentes" sur la manière de lutter contre le réchauffement climatique. "Nous, au sein de l'Union européenne, estimons que des restrictions obligatoires (sur les émissions de CO2) sont importantes" pour parvenir à un accord mondial sur le sujet, a-t-il dit aux journalistes.

Les pays de l'UE se sont fixés un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% d'ici à 2020, en développant en particulier les énergies renouvelables. En réalité, les Européens ne se font guère d'illusions sur les chances de progrès d'ici au départ du président George W. Bush. Ils nourrissent l'espoir que le successeur de M. Bush adoptera une position plus conciliante en vue du sommet de Copenhague de décembre 2009 censé aboutir à un accord mondial pour la réduction des émissions de CO2 après 2012, à l'expiration du protocole de Kyoto.

"Barack Obama et John McCain", les candidats démocrate et républicain à l'élection présidentielle, "ont tenu des propos clairement plus positifs sur la nécessité d'objectifs quantifiés", souligne un responsable européen sous couvert de l'anonymat. Un proche de M. Bush, Dan Price, conseiller adjoint à la sécurité nationale, a toutefois averti la semaine dernière que l'UE ne devait pas se faire d'illusions. "Certains pays commettraient une erreur de calcul politique s'ils croyaient qu'une administration future ou qu'un Congrès futur se préoccuperait moins de traiter de manière globale la question des émissions résultant de toutes les grandes économies", a-t-il dit devant des journalistes. (belga)

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