La chancelière allemande Angela Merkel répète dans un entretien publié vendredi que l'abandon prévu de l'énergie nucléaire en Allemagne est "une mauvaise solution", une position qu'elle exprime de plus en plus clairement, à un an des législatives.
"Vous connaissez ma position: l'abandon prévu de centrales nucléaires sûres d'ici 2020 est une mauvaise solution", a dit la chancelière conservatrice (parti CDU) à la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
"Nous avons là entre nos mains une part de responsabilité concernant l'évolution des prix de l'électricité", en pleine flambée en Allemagne, a-t-elle ajouté. "C'est pourquoi je pense que cette discussion n'est pas encore finie", conclut Mme Merkel.
Coalition
Jusqu'à la fin de la législature actuelle, en 2009, Mme Merkel est liée par un accord signé avec le parti social-démocrate SPD, avec lequel elle doit partager le pouvoir. Cet accord prévoit en particulier la mise à l'arrêt de toutes les centrales nucléaires en Allemagne d'ici 2020.
Si Mme Merkel parvenait à mener son parti à la victoire aux législatives l'an prochain en s'alliant avec le parti libéral FDP, le nouveau gouvernement "décidera au minimum de prolonger la durée de vie des centrales existantes", selon Claudia Kemfert, spécialiste des questions d'énergie au sein de l'institut de recherches économiques DIW.
Population
En revanche, la scientifique se dit "pas certaine que la population accepterait la construction de nouvelles centrales nucléaires", comme c'est prévu en Grande-Bretagne par exemple, et comme le recommande l'Agence internationale de l'énergie.
"La dimension émotionnelle du débat est plus forte en Allemagne qu'ailleurs" concernant l'énergie nucléaire, constate Mme Kemfert, qui juge que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a durablement marqué les esprits. L'Allemagne compte 17 centrales nucléaires en activité, qui produisent 26% de l'électricité consommée dans le pays.


