Le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso a exhorté les dirigeants européens aujourd'hui mardi, à la veille du sommet de Bruxelles, à tenir leur engagement à lutter contre le réchauffement climatique malgré la crise financière.
L'éthique avant tout?
"J'espère que l'éthique de la responsabilité l'emportera sur les préoccupations à court terme", a-t-il lancé au cours d'une conférence de presse, en rappelant aux pays de l'Union Européenne "l'engagement pris à l'unanimité l'an dernier, sous présidence allemande, et proclamé dans le monde entier". "Nous comprenons que, face à une situation économique difficile, les gouvernements soient sur la défensive, soient plus prudents et plus réceptifs aux pressions de certains secteurs économiques", a-t-il souligné.
Engagés?
"Mais j'espère qu'ils ne vont pas diluer les ambitions", a-t-il averti. "J'attends un engagement sur les objectifs" lors du sommet, a-t-il ajouté. L'UE a pris en mars 2007 l'engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020, de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation et de réaliser 20% d'économies d'énergies. Mais plusieurs Etats membres, dont l'Italie, sont aujourd'hui rétifs face aux coûts de cet engagement et à ses conséquences pour leurs industriels.
Réduction des émissions
"Le monde a changé depuis la présentation du paquet climat par la commission en janvier, avec l'instabilité financière et le renchérissement des matières premières", a insisté le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini lors d'une réunion avec ses pairs lundi à Luxembourg. "Personne en Italie ne prétend stopper l'évolution vers une réduction des émissions de CO2, mais on ne peut en ignorer les coûts.
L'impact économique
Si on mettait en oeuvre les mesures européennes, elles coûteraient 1,14% du PIB pour la seule l'Italie. Pour cette raison, il faut bien évaluer leur impact sur l'économie réelle", a-t-il affirmé. "Il ne peut pas y avoir de flexibilité sur ces objectifs, mais il peut y avoir de la flexibilité sur la façon dont nous atteignons ces objectifs", a estimé mardi M. Barroso. L'industrie lourde est mise à forte contribution dans le plan de lutte européen. Elle va en effet devoir réduire ses émissions de CO2 et, dès 2013, payer pour chaque tonne de CO2 émise. Le patronat européen a réclamé des exemptions pour les secteurs de l'industrie manufacturière les plus exposés à la concurrence.
Polluer gratuit
Il réclame la gratuité pour leurs émissions de CO2 tant que leurs rivales étrangères ne seront pas soumises aux mêmes contraintes. "Il est important de rassurer les opérateurs industriels. Ils ne seront pas désavantagés face à une concurrence internationale qui ne s'impose pas les mêmes disciplines", a affirmé M. Barroso. La présidence française de l'UE a modifié son projet de conclusions pour tenir compte de ces préoccupations.
Trouver des "solutions appropriées"
"Les propositions de la Commission forment un ensemble cohérent dont l'équilibre et les paramètres fondamentaux doivent être préservés, tout en apportant des solutions appropriées aux enjeux de sa mise en oeuvre pour tous les secteurs de l'économie européenne et pour tous les Etats membres, en veillant à un rapport coût-efficacité satisfaisant", écrit-elle. La précédente proposition n'évoquait que l'industrie. (afp)


