Emissions belges de CO2 fortement sous-estimées

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Par: rédaction
10/12/08 - 12h58

Les émissions de gaz à effet de serre dont est responsable la population belge sont en réalité beaucoup plus élevées que les émissions estimées jusqu'ici et pourraient même être jusqu'à 16 fois supérieures, selon les résultats du "bilan carbone" de la Belgique réalisé par Factor-X, un bureau de conseil en stratégie climatique et
développement durable.

Selon une "approche standard" de cette méthode, les émissions belges de gaz à effet de serre (GES) atteindraient 337 millions de tonnes équivalent CO2 (TeqCO2) pour 2006, soit 2,4 fois plus que les émissions estimées par la méthode cadastrale de la Commission nationale Climat.

"Cette différence s'explique notamment par le périmètre de la méthode bilan Carbone qui prend en compte non seulement les gaz à effet de serre émis par les activités réalisées sur le territoire (méthode cadastrale), mais aussi ceux émis à l'étranger pour la réalisation de ces activités (exemple : énergie grise, transports entrants, sortants, aérien et maritime international, etc.)", explique Factor-X dans un communiqué.

Selon une "approche élargie" cette fois, incluant également les
émissions de GES liées à la fabrication (en Belgique ou à l'étranger) de l'ensemble des biens consommés par les acteurs du territoire (habitants, industries et entreprises), le bilan carbone de la Belgique atteindrait 2.242 millions de TeqCO2, soit 16 fois plus que les émissions calculées via la méthode cadastrale.

"Ces émissions sont dues aux modes de consommation des habitants et de production des entreprises" et sont "directement liées à nos choix de vie, à la compétitivité de notre économie et impactent sensiblement le budget des ménages", juge le bureau de conseil qui a notamment effectué le bilan carbone de la ville de Charleroi.

Selon les calculs de Factor-X, un Belge émet donc réellement chaque
année 224 tonnes équivalent CO2 alors que l'approche cadastrale n'en retient que 13.

"Derrière chaque habitant se cache donc 210 TeqCO2 de 'carbone gris', échappant à toute comptabilisation dans les registres nationaux d'émissions de GES des pays développés.

A l'échelle européenne, ce sont des milliards de TeqCO2 non comptabilisées qui échappent aux stratégies de lutte contre le réchauffement climatique, à tous niveaux décisionnels", conclut le bureau de consultance environnementale.

Factor-X relève encore que les émissions dues à la production et à la
consommation de produits électroniques (informatique, Hifi, baladeur,
Ipod, télé, consoles de jeux, électroménager) représentent à elles seules plus de la moitié du bilan carbone de la Belgique, soit 1.178 millions de teqCO2 sur les 2.242 millions de teqCO2 comptabilisées.

Sur base de ces résultats, le bureau de consultance formule une série
de recommandations, alors que se tient actuellement à Poznan (Pologne) une conférence des Nations Unies sur le climat.

Factor-X prône notamment la mise en place en Belgique d'une commission en charge de la consommation durable. Plus largement, la lutte contre le changement climatique doit commencer par "une révision globale des habitudes de production, de vente et de consommation à l'échelle du territoire", estime Factor-X. (belga)

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