Les dirigeants européens sont réunis en ce moment à Bruxelles.
Les dirigeants européens semblaient, jeudi soir à Bruxelles, en bonne voie de boucler rapidement leur plan de bataille contre le réchauffement climatique.
Peu de réticence
Après un premier tour de table sur le 'paquet climat-énergie' en début de soirée, les vingt-sept ont manifesté peu d'oppositions aux dernières propositions formulées par la présidence française de l'Union. "L'ambiance est assez consensuelle. Il y a eu peu de demande de changement", indiquait-on jeudi soir de source diplomatique belge. Aucune opposition franche n'a ainsi été formulée par l'Allemagne ou la Grande-Bretagne, pourtant les plus réticentes, envers le mécanisme de solidarité inclus dans la paquet, lequel prévoit de réserver quelque 12% des revenus de la vente des quotas de CO2 aux pays où la reconversion énergétique sera la plus onéreuse, dont la Belgique notamment.
La Pologne, la Bulgarie et la Lettonie ont toutefois demandé que ce pourcentage soit porté de 12 à 13%, ce que Nicolas Sarkozy n'a pas écarté, indiquait-on à même source. Quant à la réforme du système européen de quotas d'émissions, plusieurs voix se sont manifestées au sein des 27, soit pour restreindre, soit élargir davantage, le nombre de droits d'émissions qui seront alloués gratuitement, mais sans compromettre un éventuel compromis.
Trop généreux
Plusieurs pays, dont le Danemark, les Pays-Bas et la Belgique notamment, ont ainsi jugé que les exemptions proposées pour les centrales au charbon des pays de l'Est étaient trop généreuses. La présidence française propose en effet que celles-ci puissent bénéficier de 70% de quotas gratuits en 2013, volume qui sera progressivement réduit à néant en 2020, alors que tous les autres producteurs électriques devront acheter l'intégralité de leurs quotas dès 2013.
Réponse favorable à la Belgique
Afin d'éliminer les dernières résistances, Nicolas Sarkozy a entamé jeudi soir une série d'entretiens en tête-à-tête avec plusieurs de ses pairs, avant une accord global qui devrait être vraisemblablement acté vendredi matin, à la reprise de la séance plénière.Le Premier ministre belge, Yves Leterme, ne sera lui pas reçu en aparté. De source belge, on indiquait en effet que la Belgique avait reçu une réponse favorable à ses demandes, notamment la possibilité de réaliser 27% de ses efforts de réduction dans le secteur non-industriel (transports, agriculture, résidentiel, tertiaire) via des 'mécanismes de développement propre' (MDP) menés à l'étranger plutôt qu'à l'intérieur de ses frontières.
Le projet encore sur la table mercredi prévoyait pour la Belgique un recours aux MDP à hauteur de 20% seulement. Si les 27 n'ont pas touché à l'objectif de réduction de 20% des émissions de CO2, le 'paquet climat-énergie' s'apprête toutefois à sortir affaibli de près d'un an d'âpres négociations. Pour éviter tout coût qui aura pu attenter à la compétitivité de son industrie dans un climat plombé par la crise, une partie substantielle des mécanismes destinés à financer la nécessaire reconversion énergétique de l'Europe, ainsi qu'aider les pays émergents à faire de même, ont été abandonnés. (afp)


