La Maison Blanche pourrait accepter d'étaler dans le temps l'adjudication de 100% de droits d'émission de gaz à effet de serre envisagée dans le cadre de la création d'un marché pénalisant les pollueurs et encourageant les énergies propres, selon son conseiller scientifique.
"L'idée est naturellement de produire un projet de loi reflétant à la fois les positions du Congrès et de l'administration que le président puisse signer", a déclaré John Holdren, le conseiller scientifique de la Maison Blanche, dans une interview au Washington Post publiée mercredi dans la version en ligne du quotidien.
A propos d'une adjudication portant sur 100% des droits d'émission, "qu'il s'agisse de commencer avec (100%) ou d'y parvenir après un certain temps est un élément en discussion", a-t-il ajouté.
Une décision de l'administration Obama d'étaler la mise en place d'un marché d'émission dit "cap and trade" ne pourrait que satisfaire les industries produisant de l'électricité aux Etats-Unis, dont un grand nombre dans des centrales au charbon, et provoquer l'ire des groupes de protection de l'environnement.
Durant la campagne présidentielle, Barack Obama avait prôné une mise en vente sans transition de 100% des droits d'émission plutôt qu'en tranches dans le cadre d'un marché de droits de polluer considéré comme le coeur d'un système visant à plafonner puis à réduire les émissions de CO2, principal gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique.
De nombreux industriels affirment qu'une mise en place progressive d'un tel marché sera indispensable pour faciliter la transition vers une économie plus verte. Paul Holdren a aussi dit au Washington Post qu'un groupe de responsables ministériels s'efforçait d'établir un ensemble de principes pour guider l'élaboration de la loi sur le climat qui vient juste de commencer au Congrès.
Le président de la commission de l'Energie et du Commerce de la Chambre des représentants, le démocrate Henry Waxman et son collègue démocrate Edward Markey qui préside la sous-commission de l'Energie et l'Environnement, ont dévoilé la semaine dernière un projet de loi sur le climat qu'ils espèrent pouvoir faire voter par la Chambre basse d'ici la fin mai. La commission de l'Environnement du Sénat n'a pas encore fini de rédiger sa version de ce projet de loi.
Dans un marché de "cap and trade", comme celui fonctionnant déjà en Europe dans le cadre du protocole de Kyoto rejeté par l'ancien président George W. Bush, les entreprises les plus polluantes dépassant les limites établies par le gouvernement fédéral peuvent acheter des droits d'émission à celles restant en-dessous des quotas. (afp)


