Sarkozy confirme la mise en place d'une taxe carbone en 2010

7S7 mise à jour  La France se dotera l'an prochain d'une "taxe carbone" pour inciter entreprises et ménages à consommer des énergies moins polluantes, une mesure impopulaire dans l'opinion mais présentée jeudi comme une "révolution fiscale" par le président Nicolas Sarkozy.
 
"Il est temps de créer une fiscalité écologique. La France doit renforcer les prélèvements qui pèsent sur les activités polluantes et alléger d'autant les impôts sur la production et le travail", a déclaré le président français lors d'un déplacement à Culoz, dans le centre-est de la France.
 
La France rejoint ainsi la Suède qui a inventé le concept, et quelques autres pays européens qui ont mis en place une fiscalité spécifique contre les émissions de CO2, le gaz responsable du réchauffement climatique.
 
La taxe carbone sera appliquée dès 2010. Elle visera la consommation de gaz, de pétrole et de charbon, mais pas l'électricité qui, en France, est très majoritairement d'origine nucléaire. Son niveau a été fixé à 17 euros par tonne de CO2, pour les ménages comme pour les entreprises, soit 4 centimes d'euro par litre d'essence ou 4,5 centimes par litre de fioul.
 
Qualifiée par Nicolas Sarkozy de "virage majeur" et de "première étape d'une révolution fiscale", cette nouvelle taxe a pour but de "modifier durablement" les comportements des ménages français.
 
"L'objectif de la taxe carbone n'est pas de remplir les caisses de l'Etat", a assuré Nicolas Sarkozy. Le produit de la taxe sera intégralement restitué aux Français, par le biais d'une baisse de l'impôt sur le revenu ou d'un "chèque vert" pour ceux qui n'ont pas de revenus suffisants pour être soumis à cet impôt, a-t-il indiqué.
 
Le système devrait ainsi favoriser ceux qui auront le moins utilisé d'énergies polluantes, puisqu'ils paieront moins de taxe carbone tout en bénéficiant des compensations. Celles-ci tiendront compte par exemple de la situation géographique des familles, dont certaines n'ont pas d'alternative à l'utilisation d'une voiture.
 
Cette question des compensations est particulièrement sensible. Selon un sondage publié le 3 septembre, deux tiers des Français sont hostiles à la taxe carbone.
 
L'opposition socialiste, en particulier l'ex-candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal, a stigmatisé cet "impôt nouveau" qu'elle juge socialement injuste. Mais dans la majorité de droite aussi, la nouvelle mesure a suscité des réserves.
 
Les écologistes, de leur côté, ont jugé les propositions de Nicolas Sarkozy pas assez ambitieuses.
 
Nicolas Sarkozy a rappelé que le but de la France était de diviser par 4 ses émissions de CO2 d'ici à 2050, par rapport au niveau de 1990.
 
Le président français a également de nouveau plaidé pour que l'Union européenne se dote d'une taxe carbone aux frontières, distincte de la taxe intérieure présentée jeudi.
 
L'idée française est d'instaurer, en cas d'échec des négociations mondiales sur le climat en décembre à Copenhague, une taxe aux frontières de l'UE qui s'appliquerait aux produits en provenance de pays non soumis aux contraintes de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. (belga)
10/09/09 13h15
      mailIcon envoyer à un(e) ami(e)      printIcon Version imprime

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 80.000 visiteurs

 

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation


acap enabled
Mediargus
Metriweb