Au Standard, on me dit que je mérite de jouer dans un plus grand club
"Bernard Tapie m'a appelé. Il m'a dit: "Mon petit, est-ce que tu veux venir jouer à l'OM?".
"La personne qui m'a fait le plus kiffer le foot, c'est Eric Cantona."
Avant de signer au Standard, Genk s'était montré intéressé. Mais avec l'affaire Dahmane, j'étais un peu refroidi
"Si on a perdu à Anderlecht, c'est à cause du coup-franc de Boussoufa."
"Transférer un joueur du championnat belge au Standard? Fadel Brahami, mais c'est le choix du coeur."
Quand j'étais à Mons, il n'y avait pas de cohésion entre le sportif et administratif
"Les supporters s'identifient plus à Defour car c'est le capitaine et à Mbokani parce que c'est le buteur."
"C'est difficile à comprendre pour les gens qui ne jouent pas, mais répéter 50 sprints sur un match, c'est usant."
"Si quelqu'un met la presse dans sa poche, il va être plus facilement aimé des supporters."
Le test que j'avais passé en arrivant à Mons était négatif. C'est José Riga qui a insisté pour que le club m'offre un contrat
"Anderlecht s'est renforcé mais on rivalise toujours avec."
"J'écoute tout le temps du "zouk" avant un match. Ca apaise mon esprit."
Comme nous l'annoncions lundi dernier, nous avons mis sur le gril Wilfried Dalmat, déroutant ailier du Standard et l'une des révélations de ce championnat. Le frère de Stéphane, qui évolua à l'Inter Milan, a répondu, à coeur ouvert, à toutes vos questions, très nombreuses pour l'occasion. Entretien.
Avez-vous l'impression d'être jugé à votre juste valeur au Standard? On cite toujours Defour, Witsel, Jova, Mbokani... quand on parle des stars du Standard, et moins Dalmat. Qu'en pensez-vous? (Christophe Daco, Molenbeek)
On m'a déjà souvent fait la remarque. C'est une bonne question. Je pense que les supporters s'identifient plus à Steven Defour car c'est le capitaine, ou à Dieumerci Mbokani car c'est le buteur. Je suis plus dans l'ombre.
Je crois que c'est aussi lié au fait que je ne suis pas belge et que je marque moins. Maintenant, n'exagérons rien, le fossé n'est pas tellement grand. Mon apport offensif, les assists, ma percussion offensive, mes dribbles,... Tous ces éléments font qu'un jour je serai plus reconnu. Witsel, Defour, Jova,... sont au Standard depuis des années. Ils sont donc mieux connus du public. D'ici 6 mois ou 1 an, j'aurai certainement plus de notoriété.
Comment expliquez-vous qu'il n'y avait que le Standard qui se soit intéressé à vous lorsque vous êtes parti de Mons? (Jean-Pierre Hendrickx, Bouge)
C'est vrai qu'à l'époque, j'étais moi-même étonné que si peu de clubs s'intéressent à moi. Mais somme toute, le meilleur club du pays m'a finalement transféré, c'est le plus important! Le GBA avait fait une offre à Mons mais le président avait refusé. Le montant n'était pas assez élevé. Genk s'était également montré intéressé, mais ça s'est moins répandu dans la presse. Ils s'étaient montrés en avril. Mais avec l'affaire Dahmane/Genk, j'étais un peu refroidi. Quand le championnat s'est terminé le 20 mai, je suis parti en vacances. En rentrant, mon manager m'a appelé pour me dire que le Standard était intéressé. En trois jours, l'affaire était réglée.
En tant qu'ancien Montois, ou voyez-vous le problème de l'Albert? David Mames (Genval)
Leur problème se situe dans l'efficacité. Ils ne marquent pas assez. Qui plus est, la moitié des titulaires sont partis durant l'inter-saison. Ils n'ont jamais été remplacés. Ils sont été pris dans une spirale négative. Ils ont changé d'entraîneur deux fois. Le problème est là. Le vestiaire? Je n'y suis plus mais quand j'y étais, il n'y avait pas forcément de cohésion entre le côté sportif et l'administratif. Même si en tant que joueur, ton job est d'être sur le terrain, il manquait quelqu'un pour faire le lien.
Ne pensez-vous pas que la différence entre Anderlecht et le Standard s'est faite au mercato ? Alors que le Standard a perdu un élément clé de l'équipe, Anderlecht s'est renforcé... Quel est votre avis? Bourdon Jean-Patrick (Blaton)
Anderlecht s'est renforcé mais on rivalise toujours avec. On a perdu Dante, c'est vrai, mais on a toujours des joueurs de grande qualité dans le noyau.
Si on a perdu à Anderlecht, c'est à cause du coup-franc de Boussoufa qui nous a fait mal juste avant la mi-temps. Si on rentre avec le score de 0-1 aux vestiaires, ça change tout. La motivation, l'envie étaient pourtant là. Mais on était peut-être un peu fatigués après Braga. C'est toujours difficile d'expliquer une défaite.
Etant un supporter assidu du Standard,je crois remarquer que vous finissez souvent la fin des matchs sur les rotules et qu'il vous manque une quinzaine de minutes pour être hyper performant.Ne pensez-vous pas que vous devriez commencer les matchs plus calmement ou avez-vous un problème d'endurance? Alain Hallet (Jodoigne)
Je préfère commencer un match fort et terminer un peu fatigué. Mon jeu demande des accélérations à répétition. Il est basé sur l'explosivité et la vitesse. Ca tire sur les jambes! C'est un jeu qui fatigue plus que de travailler dans l'axe, par exemple. C'est difficile à comprendre pour les gens qui ne jouent pas, mais répéter 50 sprints sur un match, c'est usant.
Je peux m'améliorer grâce au travail de VMA, ça renforce mon coffre physique. Ca passe par des longues séances de footing. Ca me permettra d'être plus à l'aise dans les 15, 20 dernières minutes.
Pourquoi lorsque le Standard perd, peu voire aucun joueur ne va répondre aux questions des journalistes, alors que qu'en cas de victoire, un grand nombre accepte d'y aller? (Sébastien Semal, Braine-l'Alleud)
Á cause de la déception. Cela n'excuse rien. On est des compétiteurs, mais on se doit d'agir en professionnels. On doit d'accepter de répondre aux journalistes, d'aller saluer les supporters dans la victoire comme dans la défaite. Malheureusement, le côté humain reprend le dessus parfois. Mais l'intention n'est pas méchante. On a juste envie de se renfermer dans notre coquille. J'essaie d'être dispo pour les journalistes (NDLR: il l'est) qu'on perde ou qu'on gagne, mais si ça peut me faire ch... de répondre aux questions.
Vous avez joué en France. D'après vous ou se situerait le Standard dans le championnat français? (Henrik Peetermans, Seraing)
On se posait justement la question avec Benjamin Nicaise. Á mon avis, entre la 5e et la 11e place. C'est pas très haut, je sais. Mais il y a tout de même de gros calibres en France: le PSG, Marseille, Lyon,... On a fait de très bonnes prestations en Coupe d'Europe. On a rivalisé avec Everton, Séville, Liverpool,... Mais ce n'était que le temps d'un match. En Ligue 1, c'est pendant 38 rencontres qu'il faut tenir le rythme. C'est plus difficile.
Aspirez-vous encore à une expérience à l'étranger ? (Jean-Pierre Eve, Gembloux)
Oui, même si je me sens bien au Standard. Si je continue dans cette lancée, c'est bien parti. Avant d'arriver au Standard, quand je débarquais dans un club (Nantes, Marseille, Lecce, Santander), c'était une opportunité, mais je ne suis jamais arrivé dans la peau d'un joueur important. Quand j'ai débarqué à Sclessin, on me désirait vraiment. J'étais ce joueur important. J'ai envie de re-tenter ma chance en arrivant en tant que joueur de premier plan.
Quel est la personne la plus incroyable que tu aies rencontré? (Sébastien Servit, Liège)
Bernard Tapie. J'étais à Nantes. J'avais 19 ans. J'étais pro depuis 6 mois. Mon manager m'annonce alors que Marseille veut me louer pendant 6 mois. Une demi-heure plus tard, Bernard Tapie m'appelait. Il m'a dit: "Mon petit, est-ce que tu veux venir jouer à l'OM?".
C'est un personnage attachant, impressionant et inoubliable. Il a énormément de charisme.
Je suis resté 6 mois sur la Canebière. J'ai joué 12, 13 matches. J'ai découvert les grosses ambiances du Vélodrome. C'était une bonne expérience pour un gamin de 19 ans!
Avec le recul, je me dit que c'est bizarre d'être atterri à Mons juste après. Mais ce sont les aléas du foot... En plus le test que j'avais passé en arrivant à Mons était négatif. C'est José Riga qui a insisté pour que le club m'offre un contrat. Aujourd'hui je suis fier de moi quand je me retourne. J'ai montré ma valeur chez les Montois. Aujourd'hui au Standard on me dit: "tu mérites de jouer dans un plus grand club". Il faut procéder étape par étape.
Si tu pouvais transférer un joueur de la D1 belge au Standard, ce serait qui et pourquoi ? Quelles sont tes idoles sur le plan footbalistique international ?
(Après un moment de réflexion)... Je n'admire pas un joueur en particulier. Mais la personne qui m'a fait le plus kiffer et aimer le foot, c'est Eric Cantona. C'est la dernière personne qui m'a fait vibrer. Tout le foin autour de Ronaldinho, Ronaldo,... c'est bien, je ne dis pas qu'ils sont mauvais, mais la personne qui m'a le plus touché, c'est "Canto". Je le garde en tête.
Sinon de la Jupiler League, pour venir au Standard, je prendrais Fadel Brahami. C'est mon pote. Je m'entends bien avec lui. Mais c'est plus un choix du coeur. Sinon j'aime bien Bousoufa: petit, vivace, technique, décisif, donneur d'assists.
Quelle musique écoutes-tu avant les matches? On ne peut pas passer à côté de tes grands écouteurs! Joseph L'Allemand (Boitsfort)
J'écoute tout le temps du "zouk". Je suis originaire de la Martinique, des Antilles. C'est de la musique tropicale. Ca me rappelle mes origines. C'est ce que j'aime écouter avant un match. Ca apaise mon esprit. C'est un besoin et une habitude. Je suis quelqu'un d'un peu fou-fou dans la vie de tous les jours. Il faut que je sois plus sérieux (sourire).
Propos recueillis par Christophe Durant


