La vérité sur l'arrivée de Lucien D'Onofrio à Anderlecht
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C'est l'information de la semaine: Lucien D'Onofrio collaborera avec Anderlecht au niveau des transferts. Si l'ancien vice-président du Standard n'aura pas de fonctions officielles à Bruxelles, il aura son mot à dire pour les transferts entrants et sortants. Quel sera son rôle précis? Va-t-il vraiment apporter quelque chose à Anderlecht? Tentative de décryptage.
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Seulement 23% des transferts effectués par Lucien au Standard peuvent être considérés comme réussis
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Sportivement, son réseau ne devrait rien apporter mais financièrement bien
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Beaucoup l'oublient mais D'Ono ne possède même pas sa licence d'agent de la FIFA
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Pour la plupart des spécialistes du football belge, l'arrivée de Lucien D'Onofrio à Anderlecht est un gros coup. L'ancien patron du Standard pourra faire jouer son carnet d'adresses et amener de grands joueurs au Parc Astrid. "Lucien a l'un des meilleurs carnets d'adresses du monde, tout simplement. À Anderlecht, il va avoir les moyens de réaliser ses ambitions", explique Philippe Léonard dans les colonnes de Sudpresse. D'accord, mais à l'analyse, les transferts réalisés par D'Onofrio ne sont pas aussi flamboyants qu'on le dit.
Sa réussite est surévaluéeSport/Foot Magazine a mené une grande enquête sur l'arrivée de Lucien au Sporting. L'hebdomadaire a recensé tous les transferts effectués par le frère de Dominique à Sclessin. Au vu des chiffres, il s'est quand même plus souvent planté qu'autre chose, c'est le moins qu'on puisse écrire.
156 transferts ont été effectués par D'Ono à Sclessin. Le magazine considère qu'il n'y a que... trois transferts qui peuvent être catalogués comme des arrivées de joueurs capables d'évoluer dans des grands clubs: Conceiçao, Defour et Van Buyten. Si on pousse l'analyse un peu plus loin, on pourrait même dire que les arrivées de Defour et Van Buyten ne doivent rien au carnet d'adresses de l'ancien du Standard. Certes, il y a eu d'autres réussites: Dragutinovic, Runje, Dimas, Deflandre, Goossens ou Geraerts par exemple. Mais en tout, cela ne représente que 36 joueurs, soit 23%...
De gros flopsA côté de ça, il y a eu pas mal de flops. Selon Sport/Foot Magazine, 55% des joueurs arrivés à Sclessin peuvent être considérés "comme des flops intersidéraux." (sic) Petit rappel: Prosinecki, Rapaic, Sa Pinto, Jorge Costa, Spehar, Dacourt, Datti, Ricardo Rocha et on en passe...
Quant à Milan Jovanovic, il est arrivé à Liège un peu par hasard, lorsqu'il devait se faire soigner le genou chez le docteur Popovic. Le Standard en a profité, sans que l'on puisse attribuer cette arrivée à D'Onofrio. Fellaini, Witsel et Carcela viennent quant à eux de l'école des jeunes de Sclessin et ont profité d'un mauvais début de saison en 2006 pour faire leur trou.
Bref, l'influence sportive de D'Onofrio à Anderlecht ne devrait pas être énorme, d'autant que son rôle au stade Constant Vanden Stock ne sera que limité. De plus, à Sclessin, il avait le plein-pouvoir. Pas au Parc Astrid.
Il va permettre d'augmenter le budgetEn fait, le plus grand apport de Lucien D'Onofrio devrait se situer dans les négociations des départs. A Anderlecht, on a été impressionné par sa capacité à faire monter les prix. Il avait d'ailleurs réussi un coup de maître en vendant Marouane Fellaini pour 20 millions d'euros à Everton.
"Ce n'est pas tant dans les transferts entrants que D'Onofrio va pouvoir être utile mais plutôt dans les transferts sortants", corrobore l'agent Nenad Petrovic dans Sport/Foot Mag. "Le but de Roger est de maximiser son budget et il se rend bien compte que ce n'est la C1 ou le stade qui vont le lui permettre. Par contre, D'Onofrio est capable de valoriser des joueurs comme Suarez ou Canesin à un très bon prix. (...) Avec Lucien, je suis sûr que Lukaku partait pour environ 25 millions et non 15 millions. Sportivement, son réseau ne devrait rien apporter mais financièrement bien."
Bertrand Crasson, ancien protégé de Lucien D'Onofrio, le confirme lui aussi. "Sur les dix dernières années, le Standard est le club belge qui a fait entrer le plus d'argent dans les caisses. A Anderlecht, on veut sans doute profiter de cette compétence à vendre bien mais aussi élargir le champ de vision."
Un problème d'éthique?Reste la question de savoir si Anderlecht ne vend pas son âme au Diable en travaillant avec D'Onofrio. "Beaucoup oublient que Lucien ne possède pas de licence d'agent FIFA et que, vu ses ennuis judiciaires, il ne l'aura pas de si tôt."
Le passé du personnage est pour le moins sulfureux. Un ancien agent s'étonne d'ailleurs de voir la direction anderlechtoise, habituée à respecter certaines valeurs, s'associer à lui. "On peut aussi se poser la question de l'apport en terme d'image pour Anderlecht. Rappelez-vous les ennuis qui ont entouré la venue de Silvio Proto, alors managé par Pietro Allatta. Je suis impatient de voir D'Onofrio collaborer avec Anderlecht, un club qui respecte certains codes et où il ne sera plus le seul maître à bord. Un requin quand il vit dans l'eau c'est très bien, mais quand on le met dans le forêt, il s'étouffe rapidement."
Julien Collignon