Gaël Monfils retrouve Roger Federer en quarts de finale de Roland-Garros mercredi dans un match qui paraît davantage à sa portée que sa demi-finale perdue face au Suisse il y a un an à Paris.
Douze mois plus tard, l'un des matches les plus excitants que la quinzaine puisse offrir est de nouveau à l'affiche. Monfils-Federer est de ces duels qui font saliver les amateurs de tennis et grimper les prix du billet au marché noir.
Comme il y a un an
Il y a un an, aucun des 15.000 spectateurs n'avait été déçu. Auteur d'une résistance héroïque, le Français ne s'était incliné qu'au bout de quatre sets passionnants et indécis (6-2, 5-7, 6-3, 7-5).
A l'époque, une victoire de Monfils aurait été vécue comme un énorme exploit. Un tremblement de terre dans un tournoi phagocyté par le duo Federer-Nadal.
Défi à portée de Monfils?
Cette année, on a l'impression que le défi est moins inaccessible et qu'un succès du N.11 mondial face au N.2 est un exploit à portée de main. Pour trois raisons. D'abord le contexte d'un tournoi pris dans un vent de folie.
Si Nadal a été éliminé par Soderling et Djokovic par Kohlschreiber, Federer peut bien l'être par Monfils, un joueur évoluant à domicile et autrement plus référencé sur terre battue.
Federer a déjà tremblé
A cause de Federer ensuite, qui, à force de perdre des matches qu'il ne perdait jamais, ne bénéficie plus de cette aura d'invincibilité qui l'entourait encore il y a un an, même sur terre battue.
Cette année, le triple finaliste sortant n'a connu qu'un match tranquille à Roland-Garros, au deuxième tour face à Alberto Martin. Il a perdu au moins un set lors de ses trois autres parties, jusqu'à frôler l'abîme lundi face à Tommy Haas, passé très près d'une victoire trois sets à zéro.
Monfils plus fort
Maintenant que ses deux principaux rivaux ne sont plus là, la pression est énorme sur les épaules du Suisse. "Personne dans mon entourage ne m'a dit que c'était l'année où jamais, ce n'est pas ce que j'ai besoin d'entendre", dit-il. En réalité, tout le monde ne parle que de ça.
Mais si le rapport de forces a évolué c'est aussi à cause de Monfils. Depuis un an, le Français a progressé, est devenu plus régulier, plus fort. La qualité de son service, sa dimension athlétique et sa couverture du terrain sont toujours aussi monstrueuses.
"Un jeu solide"
Il les a encadrées par un un schéma de jeu mieux établi, plus carré. "Son jeu est devenu très solide", estime Federer. "Avec le travail et l'expérience, c'est plus défini", dit Monfils en exposant le corollaire de ses progrès: "arriver en deuxième semaine d'un Grand Chelem commence à devenir automatique."
Autre paramètre: sa fraîcheur physique et mentale. Son parcours 2009 ressemble à celui de l'année dernière: même préparation saccagée, mêmes pépins physiques, mêmes adversaires (Melzer, Federer). A une différence près et elle est de taille: l'année dernière il avait livré marathon sur marathon. Cette année il a laminé tout le monde en trois sets et reste sur un chef d'oeuvre de démolition face à Andy Roddick. Et son genou tient.
50-50
Autant d'arguments qui laissent à penser que ce Federer-Monfils tient presque du 50/50. Mais le prestige et les conséquences d'une victoire de Monfils resteraient énormes.
Elle priverait Federer d'une possibilité d'égaler le record de 14 succès en Grand Chelem de Pete Sampras. Et rapprocherait Monfils du rêve ultime de devenir le premier Français à s'imposer sur la terre battue parisienne depuis Yannick Noah en 1983.
"Ca va être un grand match dans lequel j'ai une belle revanche à prendre", résume Monfils. Roland-Garros ressemble à l'endroit idéal pour une première victoire sur Federer en cinq rencontres. (belga/chds)


