Le dispositif antidopage du Tour de France sera placé cette année sous la surveillance de l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui va dépêcher des observateurs indépendants pendant les trois semaines de l'épreuve (3-25 juillet) comme elle le fait pour les jeux Olympiques.
"Au jour le jour, si les observateurs voient quelque chose qui devrait être changé selon eux, ou prouvé, ou quoi que ce soit, ils nous le diront et nous mettrons en place ces changements tout de suite", a expliqué le président de l'Union cycliste internationale (UCI), Pat McQuaid, en marge d'une réunion de l'AMA à Montréal dimanche.
Mauvais souvenir de 2009
L'UCI veut ainsi éviter de revivre la désastreuse expérience de l'an dernier, où l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), à qui elle s'était associée, l'avait accusée de favoriser l'équipe Astana, celle du vainqueur, l'Espagnol Alberto Contador, et de son grand rival américain Lance Armstrong.
Les différends entre la fédération internationale de cyclisme et l'agence française ne datent pas d'un an. Mais ils ont atteint le point de non-retour en octobre dernier quand l'AFLD lâchait dans la presse un rapport sous-entendant que s'il n'y avait pas eu de contrôles positifs durant la Grande Boucle 2009, c'est parce que les inspecteurs de l'UCI manquaient de professionnalisme.
Scandalisée, la fédération internationale avait répliqué par un rapport dénonçant l'incompétence de l'AFLD et accusant son président Pierre Bordry de vouloir se faire de la publicité sur son dos.
Qui pour les analyses?
Depuis, la bataille s'est faite en coulisses. Alors que la gestion de l'antidopage de ce grand Tour revient de fait à la fédération internationale, les Français espéraient obtenir la possibilité de pratiquer des contrôles durant l'épreuve en se référant à un article du Code mondial antidopage.
Mais lors de sa réunion ce week-end, l'AMA a clarifié ce point du Code afin d'éviter qu'il y ait des doublons dans les tests, ce qui ferme de facto un retour de l'AFLD sur le Tour par cette fenêtre. De plus, le président de l'AMA John Fahey avait déjà loué en janvier le programme antidopage mis en place ces dernières années par le cyclisme, ne voyant pas de raison de douter du classement du dernier Tour.
Crédibilité
Avec une équipe d'observateurs indépendants sur le Tour, l'UCI espère que sa crédibilité ne sera plus mise en doute. "C'est une autre approche de l'observation, pas comme l'a fait l'AFLD l'an dernier...", a estimé Pat McQuaid.
Il reste à savoir si le dispositif antidopage se passera pour la première fois totalement des services français pour la Grande Boucle. Jusqu'à présent, les analyses des tests étaient pratiquées au laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry, en région parisienne, qui est rattaché administrativement à l'AFLD, mais la possibilité de confier le travail au laboratoire de Lausanne, neutre politiquement, a été avancée.
Depuis le début de la saison déjà, c'est en Suisse qu'ont été traités tous les tests pratiqués lors des courses internationales organisées sur le territoire français. A moins de deux mois du départ à Rotterdam, les négociations sont encore en cours. (belga)


