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Sur la Piazza Duomo de Milan décorée de rose, l'Espagnol Alberto Contador a renouvelé dimanche son geste de "pistolero" en franchissant en vainqueur la ligne d'arrivée du Tour d'Italie au bout des 3265 kilomètres.
Troisième du dernier contre-la-montre (25 km) gagné par le Britannique David Millar, Contador a bel et bien "flingué" cette 94e édition, l'une des plus montagneuses de l'histoire épargnée toutefois par une météo le plus souvent favorable (soleil, vent).
"C'est le meilleur Contador", a estimé la légende absolue du cyclisme, Eddy Merckx, venu sur la seconde moitié de l'épreuve et lui aussi impressionné par la démonstration du Madrilène de 28 ans, invaincu dans les grands tours depuis 2007.
Supériorité
En 21 jours de course, l'Espagnol n'a donné aucun signe de faiblesse. Supérieur pendant la course, d'autant que le parcours multipliant les arrivées au sommet s'est révélé taillé sur mesure pour un grimpeur tel que lui, il a aussi cherché à maîtriser les aléas de la course et ses à-côtés.
A la tête d'une équipe Saxo Bank relativement limitée, le Castillan a pris soin de laisser de l'espace à des adversaires transformés en alliés de circonstance. Après son coup de force de l'Etna (9e étape), où il a endossé le maillot rose, il a sollicité au minimum sa formation au long de la remontée de la péninsule vers les Alpes. Il a observé ensuite la même prudence en laissant gagner les grimpeurs spécialistes (Rujano, Anton, Nieve) et a conquis les coeurs en facilitant le succès de l'un de ses anciens équipiers (Tiralongo).
De l'avis des observateurs, ce Contador stratège, concentré sur l'objectif à atteindre -jusqu'à refuser de confirmer pendant le Giro qu'il viendra sur le Tour !-, a remporté sa victoire la plus nette. "Il voulait revenir en Italie pour gagner différemment", a souligné l'un de ses proches. "En 2008, il devait faire seulement les huit premiers jours de course. C'est lui qui a insisté pour rester".
Scarponi et Nibali sur le podium
Michele Scarponi et Vincenzo Nibali, les adversaires italiens supposés au départ de Turin le 7 mai, ont accompagné dans cet ordre Contador sur le podium final. Tous deux se sont rendus compte de l'impossibilité de rivaliser en montagne avec le Castillan, qualifié d'"extra-terrestre" par Nibali qui ne pouvait lui être supérieur qu'en descente.
Derrière eux, les autres candidats au podium ont joué les figurants. Accessoires, dans le cas du Tchèque Roman Kreuziger (6e), qui a dû batailler pour priver la révélation néerlandaise Steven Kruijswijk du maillot blanc de meilleur jeune, et surtout du Russe Denis Menchov (8e), loin de son niveau de 2009 quand il avait ramené le maillot rose à Rome. Voire transparents, pour l'Espagnol Carlos Sastre, le vainqueur du Tour 2008 relégué à une anonyme 30e place.
Edition endeuillée
En revanche, les grimpeurs spécialistes se sont mis en valeur. Tels José Rujano (7e), de nouveau efficace après une très longue parenthèse de six ans (3e en 2005) ou encore John Gadret (4e), crédité de la meilleure performance réalisée par un coureur français depuis dix ans.
Endeuillé par la chute de Wouter Weylandt dès la 3e étape, ce Giro 2011 a accumulé les problèmes, le comble étant l'annulation tardive du Monte Crostis à la veille de la 14e étape, mais aussi la fatigue pour ses participants. Au bilan, 159 concurrents ont rallié l'arrivée sur les 207 présents au départ de Turin, départ symbolique pour cette édition qui marquait le 150e anniversaire de l'unité italienne. (belga)
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