De la bataille tardive engagée sur ces pentes très raides, envahies par la foule des tifosi, le Russe Denis Menchov est sorti vainqueur.
Contador, victime de l'accélération de Menchov à 1900 mètres de la ligne, juste avant que la route se redresse pour atteindre les 16% de pente, a lâché 45 secondes.
Les favoris du Giro se sont observés samedi jusqu'à 3,5 kilomètres de l'arrivée de la 14e étape, dans la rude montée de l'Alpe de Pampeago, où l'Italien Emanuele Sella a mené à son terme une très longue échappée de 180 kilomètres.
De la bataille tardive engagée sur ces pentes très raides, envahies par la foule des tifosi, le Russe Denis Menchov est sorti vainqueur. Mais les gains (et pertes) se sont comptés en secondes, favorables également aux Italiens Riccardo Ricco, Franco Pellizotti et Gilberto Simoni.
En revanche, les deux leaders de l'équipe Astana, l'Espagnol Alberto Contador et l'Allemand Andreas Klöden, ont fléchi dans cette première étape de haute montagne (193 km). Quant à leur coéquipier, l'Américain Levi Leipheimer, il a accusé un retard de plus de quatre minutes sur les autres candidats au podium.
Contador, victime de l'accélération de Menchov à 1900 mètres de la ligne, juste avant que la route se redresse pour atteindre les 16% de pente, a lâché 45 secondes. Klöden, peu avantagé par le profil des cols italiens, très pentus ("plus qu'au Tour de France", a rappelé Ricco), a déboursé plus d'une minute à Menchov.
Mais, hormis Leipheimer et à un degré moindre les Italiens Paolo Savoldelli et Vincenzo Nibali (deux outsiders au départ de Palerme), aucun des favoris n'a été mis hors jeu par cette première journée dolomitique, menant de la plaine de Vérone à la station de l'Alpe de Pampeago, à 1740 mètres d'altitude.
Le raid de Sella
"Tout le monde avait peur", a résumé Simoni, l'inusable (36 ans) guerrier du Trentin qui a fait rouler ses équipiers (Missaglia et surtout Ochoa) dans l'interminable montée du Passo Manghen (23 km) où les nuages de brume s'accrochaient aux parois.
Au sommet de ce grand col, situé à 34 kilomètres de l'arrivée, le premier peloton était pointé à près de 11 minutes de Sella. Il n'allait reprendre qu'un peu plus de deux minutes au petit grimpeur italien, présent en tête de la course dès le 13e kilomètre dans une échappée de 13 coureurs (Golcer, Nocentini, J. Rodriguez, Rujano, Vande Velde, Bettini, Wegelius, Sella, Voigt, Kiryienka, rejoints par Le Boulanger, F. Perez, Iglinskiy).
En passant à l'attaque à 15 kilomètres du sommet du Manghen, Sella, un poids léger de 53 kg vêtu du maillot vert du meilleur grimpeur, s'en allait vers un succès de grand prestige, "digne des temps héroïques" pour les commentateurs italiens. Quatre ans après sa première victoire d'étape dans le Giro et huit jours après avoir pleuré de déception dans l'étape de Pescocostanzo à cause d'une crevaison survenue alors qu'il était dans le groupe d'échappés.
Ce jour-là, la victoire était revenue à Gabriele Bosisio, un équipier de Di Luca. Par coïncidence, le même coureur est remonté sur le podium... pour revêtir le maillot rose. Car le champion d'Italie Giovanni Visconti, en tête de la course depuis la 6e étape, a été débordé dès le passo Manghen pour rallier l'arrivée à près de 20 minutes.
Au classement, Bosisio ne compte toutefois que 5 secondes d'avance sur Contador, le premier des favoris, avant l'étape-reine des Dolomites, dimanche, entre Arabba et le sommet du passo Fedaia. L'attentisme des prétendants s'explique: six cols sont au programme sur les 153 kilomètres !(afp)


