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La justice espagnole cible Fuentes, pas les coureurs

Les trois juges espagnols qui ont décidé de la reprise de l'instruction du dossier Puerto ont basé leur décision sur une possible infraction du Dr Fuentes à la loi sur le médicament, et non sur les violations des règlements antidopage prétendument commises par des cyclistes.


"La justice espagnole cherche à savoir s'il y a plus de preuves contre Fuentes, pas contre des athlètes", expliquait récemment le directeur juridique de l'Agence mondiale antidopage Olivier Niggli. "Dans la perspective pénale d'une infraction à la loi sur la santé publique, (les Espagnols) se moquent de savoir à qui appartiennent les poches de sang" (retrouvées chez Fuentes).

Dans leur injonction de reprendre l'instruction du dossier, les magistrats de l'Audience régionale de Madrid ont en effet demandé au juge Antonio Serrano de définir si la manière dont le Dr Fuentes et un autre hématologue, Jose Luis Batres, avaient prélevé, conservé et réadministré les 200 poches de sang trouvées dans leurs laboratoires clandestins constituait une infraction à la loi sur le médicament, passible de deux ans de prison.

Ils réagissent ainsi au fameux rapport de l'Institut de toxicologie selon lequel le niveau d'érythropoïétine (EPO) décelé dans les poches attribuées aux cyclistes ne constituait pas un danger pour la santé. Ce rapport avait poussé le juge Serrano à classer le dossier en mars 2007.


Mais les trois juges ont estimé qu'il ne détaillait pas les risques encourus par ceux qui subissaient des transfusions de leur propre sang conservé clandestinement. En d'autres termes, peu intéressés par ce qu'elles contenaient, ils souhaitent savoir si les poches étaient correctement stockées, notamment en matière de température.


En revanche, selon la décision de jeudi, les 58 coureurs associés au dossier par la presse ont peu de souci à se faire. Considérant que le dopage n'était pas un délit en Espagne lorsqu'a éclaté l'affaire Puerto, en mai 2006 (la loi date de novembre 2006), les juges cantonnent les coureurs au statut de témoin.


"On aura toujours un décalage entre la perspective espagnole, qui est pénale, et celle du milieu sportif" qui veut imposer des sanctions aux athlètes en infraction", poursuit Niggli. En l'occurence, le fait de déterminer si une rupture de la chaîne du froid a pu dégrader des poches de sang contenant de l'EPO n'apporterait rien aux autorités sportives. (afp)

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