La confirmation de la dissolution des Boulogne Boys

sauvegarder
Par: rédaction
11/07/08 - 21h45

Le commissaire du gouvernement a estimé vendredi devant le Conseil d'Etat qu'il n'y avait pas lieu d'annuler le décret de dissolution des Boulogne Boys, une association de supporteurs ultras du Paris SG, tout en jugeant "erronés" certains motifs retenus pour la justifier.

Ce magistrat chargé de dire le droit devant la plus haute juridiction administrative a requis le rejet du recours déposé par les Boulogne Boys qui jugeaient "illicite" et "disproportionné" le décret pris en avril par le gouvernement après le déploiement en tribune d'une banderole anti-Ch'tis.

"Il était impossible de déployer la banderole sans la complicité active de nombreux membres des Boulogne Boys", a déclaré le magistrat, Frédéric Lenica. L'affaire était examinée sur le fond après le rejet d'une première requête en référé début mai. Le Conseil d'Etat devrait rendre sa décision dans plusieurs semaines.

Le 29 mars, lors de la finale de la Coupe de la Ligue remportée par le PSG face à Lens (2-1), la banderole "Boulogne Boys" avait été recouverte pendant trois minutes par un autre calicot : "Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis".

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie avait jugé cela "inadmissible" et décrété le 17 avril la dissolution des Boulogne Boys en soulignant "les actes répétés de violences" imputables à ces supporteurs depuis deux saisons.

L'association, créée en 1985 et qui revendique 600 membres, a protesté en faisant valoir que les Renseignements généraux, dans un rapport transmis le 3 avril au Premier ministre, évoquaient certes l'usage répété d'engins pyrotechniques en tribune mais n'avaient pu établir l'implication d'aucun membre dans le déploiement de la banderole ce soir-là.

"Le rapport indique clairement que le seul reproche qui aurait pu être formulé serait d'avoir laisser faire", a jugé dans un mémoire l'avocate des Boulogne Boys, Magaly Lhotel. Vendredi le commissaire du gouvernement a également jugé "erronés" deux des cinq motifs retenus par le gouvernement pour décréter la dissolution, et demandé au Conseil d'Etat de les "écarter".

Il a expliqué qu'on ne pouvait reprocher aux Boulogne Boys des violences en réunion en marge du PSG-Marseille du 10 septembre 2006 ou à la sortie du match PSG-Tel Aviv le 23 novembre 2006. Ce soir-là les incidents entre supporteurs parisiens et israéliens aboutiront à la mort d'un Boulogne Boy, tué par un policier, depuis révoqué après une condamnation pour escroquerie.

Selon M. Lenica, le fait que "plusieurs membres (de l'association) entouraient" la victime lors des incidents "n'est pas suffisamment établi". (afp)

Votre avis nous intéresse!