Joannie Rochette accomplit le rêve de sa mère décédée
Deux jours après avoir ému le Canada avec sa troisième place arrachée au courage lors du programme court, la Québécoise Joannie Rochette a confirmé jeudi lors du programme libre, décrochant aux JO de Vancouver la médaille de bronze dont avait rêvé sa mère décédée dimanche.
"Ce podium olympique, c'était un projet de vie avec maman. Nous l'avons réalisé. Je suis fière et heureuse", a déclaré la patineuse de l'île Dupas quatre jours après le décès de sa mère, âgée de 55 ans, qui a succombé à une crise cardiaque quelques heures après être arrivée à Vancouver.
Jacques Rogge, le président du CIO lui avait souhaité "le meilleur" et "beaucoup de courage". Rochette en a fait preuve jeudi lors d'un programme long certes moins propre que le court mardi mais qui a largement suffi pour accompagner la Sud-Coréenne Kim Yu-na et la Japonaise Mao Asada sur le podium.
"Le monde s'est effondré quand j'ai appris le décès de maman. A l'hôpital, quand j'ai vu son corps, j'ai réalisé... J'étais vidée. Mais mon premier réflexe a été de retourner sur la glace, que je me sente en vie", a-t-elle expliqué.
"J'ai eu un moment envie de prendre le premier avion et de retourner dans ma famille. Mais je me suis dis que dans dix ans, mon deuil fait, j'aurais souhaité avoir patiné ici. Et par respect pour ma mère, pour la personne qu'elle a fait de moi, j'ai voulu patiner", a poursuivi Joannie Rochette en s'interrompant plusieurs fois, la gorge nouée.
"Je vais rester ici jusqu'à la fin des Jeux, pour profiter tout de même de cette expérience olympique avec mon père et mes proches. Ces JO, je m'en souviendrai toute ma vie mais pas pour les raisons que j'avais espérées", a-t-elle conclu en larmes.
En fin de programme, Joannie Rochette a envoyé un baiser vers le ciel. "Pour remercier maman de m'avoir donné la force".
Cinquième à Turin en 2006, vice-championne du monde 2009, Rochette a estimé avoir "réalisé sa meilleure prestation" à Vancouver. (belga)