Les troubles au Tibet ont surpris le Comité International Olympique (CIO), contraint de gérer une véritable crise face à la pression de plus en plus forte qui pesait sur les Jeux Olympiques de Pékin", a confié son président Jacques Rogge dans une interview publiée mercredi par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.
Rogge y souligne aussi que les Jeux auraient tourné au désastre, si le CIO avait ouvertement critiqué la politique de la Chine et ses atteintes aux Droits de l'Homme. Il était dès lors impératif de privilégier les sentiers de la diplomatie tranquille.
"On a atteint le maximum", estime Rogge, quatre mois après l'événement dans la capitale chinoise. "On a en tout cas le sentiment d'avoir fait passer des messages très clairs aux autorités chinoises, sur des questions essentielles. Elles en ont parfois tenu compte, parfois non. C'est leur souveraineté. Nous ne sommes en revanche pas une organisation souveraine, mais il était clair que nous devions mener le dialogue avec le gouvernement chinois comme si c'était le cas. Et on ne peut pas laisser s'installer un état de guerre entre gouvernements ayant besoin de soutien mutuel..."
"Il a fallu gérer une crise... On savait de toute façon qu'il y aurait des critiques (quand le CIO a attribué l'organisation des Jeux à Pékin). Mais personne, compte tenu du caractère généralement pacifique des manifestations tibétaines, ne pouvait prévoir les violences du 10 mars à Lhassa. Celles-ci ont modifié les données. Le monde s'est retourné contre le périple de la flamme olympique et contre la Chine. On ne peut pas changer le cours de l'histoire, et on avait sûrement sous-estimé les risques d'événements sanglants. Il a alors fallu cesser d'être des acteurs. Il était en effet indispensable de réagir..." (belga/ca)


