Le plus gros échec de Benitez
L'élimination dès les phases de poules de la Ligue des champions de Liverpool, quintuple vainqueur de l'épreuve, est le plus gros échec de la carrière de son entraîneur, Rafael Benitez. Depuis son arrivée en 2004, l'Espagnol avait mené les "Reds" au sacre du "miracle d'Istanbul" en 2005, à une finale perdue en 2007, à une demi-finale (2008), à un quart (2009) et un huitième (2006).
C'est de cette régularité dans la compétition préférée des "Merseysiders" que Benitez avait tiré son incroyable popularité dans le "Kop" d'Anfield Road. Une image de marque qui risque d'être largement écornée par l'échec cuisant de l'édition en cours qui ne l'a vu battre que les modestes Hongrois de Debrecen.
Certes, Benitez pourra invoquer les blessures récurrentes de ses deux stars, Steven Gerrard et Fernando Torres. Mais il ne pourra pas échapper aux questions sur sa responsabilité. Comme ses choix souvent douteux en matière de transfert. Sa décision de laisser partir Xabi Alonso au Real Madrid, voire de l'encourager, a laissé un vide béant au milieu du terrain. Son successeur annoncé, Alberto Aquilani, n'a guère eu l'occasion de justifier les 22 millions d'euros dépensés pour l'acheter à la Roma, puisque, blessé, il a joué moins de 20 minutes cette saison... D'autres joueurs recrutés par Benitez, comme le milieu Lucas Leiva ou le latéral Emiliano Insua, n'ont jamais démontré qu'ils étaient à la hauteur du plus haut niveau.
Réputé maître tacticien, Benitez a également semblé perdre la main cette saison. Peu comprennent son entêtement à rester fidèle à la défense de zone intégrale, alors que son équipe prend plus de buts sur coups de pied arrêtés que des formations aussi modestes que Hull ou Wigan.
Alors qu'il entretient des relations notoirement tendues avec les propriétaires américains, George Gillett et Tom Hicks, Benitez s'appuyait sur sa relation privilégiée avec les supporters pour rester en place.
Désormais, son principal atout pourrait être moins glorieux: le coût exorbitant de son licenciement, qui, selon la presse britannique, avoisinerait les 20 millions de livres (quelque 22 millions d'euros). Soit le double du manque à gagner résultant de l'élimination de mardi. (belga/7sur7)