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Le Dr Conrad Murray, accusé d'avoir tué Michael Jackson en lui administrant le médicament qui a causé sa mort, comparaît mardi devant la justice californienne, pour un procès-fleuve qui devrait faire la lumière sur les dernières heures du "roi de la pop".
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Michael Jackson "a mis sa vie entre les mains" du Dr Conrad Murray et cette "confiance placée à tort" lui a "coûté la vie", a lancé mardi le procureur David Walgren à l'ouverture des débats du procès devant la Cour supérieure de Los Angeles. L'intégralité du procès est filmée et retransmise à la télévision et sur internet. "Les preuves vont montrer que Michael Jackson a bel et bien mis sa vie entre les mains de Conrad Murray", a déclaré le procureur, estimant que le chanteur avait "placé sa confiance à tort" en son médecin. Durant un long exposé, David Walgren a tenté de démontrer la responsabilité de Conrad Murray en reprenant la chronologie des faits. Il est apparu qu'il avait administré le cocktail mortel le nuit de la mort du chanteur, survenue le 25 juin 2009. En proposant au tribunal le contenu détaillé des appels du médecin le jour des faits, Walgren a établi que Murray a mis plus de vingt minutes avant de prévenir les urgences, cependant qu'il a contacté sa compagne et un ami. En outre, il a omis de notifier aux équipes de secours qu'il avait administrer du Propofol (le puissant anesthésique responsable de la mort du chanteur) à son patient.
Fans de Michael
Quelque 300 personnes ont fait la queue dans la matinée devant le tribunal en espérant pouvoir occuper une des six places disponibles pour le public, tandis que des membres du clan Jackson sont arrivés sur place. Des fans de la star brandissaient des pancartes "Justice pour Michael Jackson" et des portraits du Dr Murray avec des messages comme "c'est un monstre" ou "c'est un animal". Le sort du Dr Murray, poursuivi pour homicide involontaire, est entre les mains d'un jury de douze personnes -- sept hommes et cinq femmes âgés de 32 à 57 ans -- dont la moitié a reconnu, lors de leur sélection, avoir été fans de Michael Jackson ou des Jackson Five.
Déception
En cas de condamnation, le médecin de 58 ans, en liberté sous caution depuis son inculpation en février 2010, risque jusqu'à quatre ans de prison. "Je pense que ce procès va être une déception quel que soit le résultat", a déclaré à l'AFP Wesley Noorhoff, directeur du fan-club Legendary Michael Jackson Fan Association, qui compte des membres dans 180 pays. "Si Conrad Murray est condamné, on sera déçus par la peine maximale de quatre ans. Et je ne veux même pas commencer à imaginer ce qui arrivera s'il n'est pas reconnu coupable", a-t-il ajouté.
Portrait peu flatteur
Le "roi de la pop" est décédé le 25 juin 2009 d'une surdose de médicaments, et en particulier d'une "grave intoxication" au propofol, un puissant anesthésiant que le chanteur utilisait comme somnifère. Conrad Murray a toujours reconnu avoir administré du propofol à Michael Jackson le matin de sa mort -- à sa demande expresse -- mais réfute les accusations du procureur selon lesquelles il aurait abandonné son patient et lui aurait fourni des soins "très éloignés des critères requis". Plusieurs témoins interrogés pendant les audiences préliminaires allaient pourtant dans ce sens, dressant un portrait peu flatteur du praticien, présenté comme dissimulateur, négligent et incompétent.
Pulsions suicidaires
Ces derniers mois, ses avocats n'ont eu de cesse d'essayer de convaincre le juge Michael Pastor, qui présidera les débats, d'autoriser la présentation aux jurés de documents prouvant -- selon eux -- que la pop star était en piteux état physique et psychologique, plusieurs mois déjà avant sa mort. Les avocats du Dr Murray veulent en effet plaider que c'est Michael Jackson lui-même, poussé par des pulsions suicidaires, qui se serait administré une dose supplémentaire de propofol en l'absence de son médecin. Mais le juge, qui souhaite se concentrer sur les événements du 25 juin 2009, a rejeté la plus grande partie de leurs requêtes. Si beaucoup d'informations ont circulé sur les dernières heures de Michael Jackson, la chronologie exacte des événements, notamment l'emploi du temps de Conrad Murray, présente encore de nombreuses zones d'ombre, que le procès devrait contribuer à éclairer.
Les cinq semaines de débats se dérouleront sous le regard attentif des fans et des curieux du monde entier, grâce à une médiatisation tous azimuts. Le juge Pastor a en effet mis un point d'honneur à ce que le procès soit filmé et retransmis, à la télévision mais aussi sur internet. Seuls les jurés seront à l'abri des caméras et des appareils photo. Le procès sera aussi l'occasion de voir où en est le clan Jackson, qui s'est récemment déchiré autour du concert-hommage au "roi de la pop", prévu le 8 octobre au Royaume-Uni avec la bénédiction de la matriarche Katherine Jackson. Plusieurs frères et soeurs du chanteur, notamment Randy, Jermaine et Janet, se sont désolidarisés du concert, estimant qu'il était indécent qu'il ait lieu pendant le procès. (afp/LS)


