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À peine remis de Rock Werchter, les festivaliers ont posé jeudi leur tente en bord de Meuse où se tiennent pendant 4 jours Les Ardentes, sixième du nom. Une journée inaugurale qui a démarré sur un mode mineur, même si Cocoon, Stromae et Selah Sue ont été à la hauteur de l'attente du nombreux public. À l'inverse de Kelis qui, de son côté, a frôlé la cote de présence.
Les Ardentes. Acte 1. Pour sa première journée, le site du Parc Astrid baigne dans une douce euphorie, celle des premières heures de festival, où chacun savoure à sa manière les frais instants d'un week-end où le sommeil se fera rare. Après avoir installé leur camp de fortune, les festivaliers sillonnent les abords de la Meuse, illuminés par un soleil qui tout au long de la journée se montrera de plus en plus généreux. Une température ambiante, de saison, où chacun prend ses marques et établit (si ce n'était encore fait) son programme, même si en ce premier jour, il se résume à des aller-retour entre la grande scène en plein air et le chapiteau, dressé sur les cendres des anciennes halles, parties en fumée lors du bal de la police d'octobre dernier.
Trio masqué
Un mal pour un bien finalement, l'espace se révélant mieux aéré et offrant une relative amélioration acoustique comme on en a pu se rendre compte lors de la prestation énergique du trio masqué de Is Tropical. Le mélange détonant de pop, groove punk-funk et beat électro style New-Wave des Anglais fera monter doucement la fièvre au sein d'un public éparse, partagé entre la curiosité et l'envie de profiter des derniers rayons du soleil et se laisser bercer en pleine air par la mélodie pop-rock d'Herman Dune. Le week-end s'annonce long, les festivaliers ont décidé de ménager leur monture.
B.C.B.G.
C'était sans compter sur Triggerfinger qui viendra définitivement sonner la fin de la sieste en oscillant entre rock nourri et engagé et blues rythmé. Le trio anversois s'amuse avec le public grisé par l'énergie déployée par Ruben Block, le charismatique chanteur du groupe belge de l'année. La soirée est définitivement lancée et la suite du programme laisse à peine le temps de se sustenter. Même si avec Ziggy Marley d'un côté, et Cocoon de l'autre, ce sont d'autres sonorités qui viennent animer Coronmeuse, plongé peu à peu dans l'obscurité d'une belle nuit d'été. Un Cocoon très bon chic bon genre sous le chapiteau, où se presse la grande foule, charmée par le folk du duo français composé par Mark Daumail et Morgane Imbeaud, tout sourire derrière le piano. Outre les (désormais) classiques, les Français enflammeront le public en reprenant American Boy d'Estelle et Kanye West ou Hey Ya d'Outkast ou en l'invitant à transformer le chapiteau en camp de nudistes éphémère.
"House'llelujah Stroma!"
Pas le temps toutefois de se désaper, puisque Selah Sue est annoncée sur la grande scène. Omniprésente cet été (Couleur Café, Rock Werchter, Ardentes, Wechter Classic, Lokerse Feesten), la révélation belge de l'année a étalé son bonheur -dont elle nous faisait part en prélude du festival- sur la grande scène. Sanne Putsey est devenue désormais une tête d'affiche et l'assume, avec un détachement déconcertant. La zen attitude, voilà qui caractérise l'autre artiste belge de la soirée : Stromae. Ce dernier a transformé le chapiteau en lieu de culte, celui de la dance et de la house. Devenu prosélyte de la House'llelujah, le public, en transe sur "Alors on dance" et tout aussi collégial sur "Putain, Putain" (chipé avec son accord à Arno, d'ailleurs au programme de samedi), pourra toutefois regretter de ne pas avoir vu le Bruxellois sur la scène principal qui, à cet instant, combattait avec le registre lascif d'Ayo.
Kelis, 40 minutes et ciao
Un temps de répit pensait-on avant le come back du très eighties Human League et de Kelis, la bête du dancefloor. Si les Anglais, paré d'une guitare synthé blanche d'un autre temps, ont bien entendu ressorti le "Don't you want me?" que tout le monde voulait entendre, Kelis de son côté a clairement laissé le public sur sa faim, en abandonnant la partie (ainsi que son batteur et son dj) un bon quart d'heure avant la fin de sa prestation pour filer en douce. Un départ sur la pointe des pieds qu'on oubliera sans doute vite à la lecture du programme qui nous attend dès ce vendredi (et sur quatre scènes) avec entre autres Wu-Tang Clan, Goose, Yuksek, The Subs et (pour les fans) Limp Bizkit. À ne pas manquer en direct sur notre compte twitter. (LS/VS)


