Limp Bizkit. © DAP - Andy Sabkhi
Jour 2 à Liège, le ciel est plus gris que la veille et le programme a des airs de come-back. Sum 41, Limp Bizkit, Wu-Tang Clan... ça va "motherfucker" dans tous les sens. Plus discrètement, les Belges de Goose et Subs vont mettre tout le monde d'accord en matière de danse, même si Fred Durst apprécie peu celle des canards.
Wu-Tang Clan. © DAP - Andy Sabkhi
Goose. © DAP - Andy Sabkhi
The Subs. © DAP - Andy Sabkhi
Ce vendredi après-midi, les Ardentes se divisent en deux catégories. Le skate rock de Sum 41 sur la plaine rassemble ceux qui squatteront la pelouse jusqu'à la tombée de la nuit. Pendant ce temps, l'Aquarium vibre avec Art Department et les fêtards les plus acharnés qui débutent déjà leur longue nuit de son électrique.
Skate Park et danse des canards
Plus de dix ans depuis le premier album de Sum 41, et presque autant d'années depuis la dernière surprise dans ce qui est qualifié de "skate punk américain." Une décennie aussi depuis les premiers succès de Limp Bizkit et les derniers du "nu metal", mélange de rock dur et de hip-hop.
Mais les deux groupes signent un retour en 2010 et le public a répondu présent en masse pour leur set respectif. La plaine était piétinée de toutes parts et les premières rangs serrés pour pogoter sur le punk de Sum 41 ou jumper sur les imprécations de Fred Durst et sa casquette rouge. Sans fioritures et efficace pour Sum 41, qui pouvait visiblement compter sur une bonne base de fans; jeu de lumières et moments plus inattendus pour Limp Bizkit. Entre les gros succès vus jadis sur MTV, le public a eu droit à quelques secondes de notre "Danse des canards" (ponctuées par un What the fuck was that?) ou sa traditionnelle reprise de Faith de George Michael.
Wu-Tang Motherfucker
De "fuck", "motherfucker" et autre "fucking" machins, il en était encore plus question pour le set du Wu-Tang. Le groupe quasi-mythique de rap américain a pris le soin d'arriver en retard: 30 minutes, le temps de quelques "Wu-Tang, Wu-Tang, Wu-Tang" et huées dans le public impatient, les rappeurs débarquent. Encore un bond dans le temps, puisque l'album "Enter the 36 Chambers" date déjà de 1993 et le double "Wu-Tang Forever" de 1997. Ils ont "forci" mais ils sont là: Method Man en chef de file bien épaulé par l'aura de Ghosface Killah. U-God, Masta Killa et surtout Gza plus en retrait, le Wu est presque au complet.
Quelques classiques vite torchés (C.R.E.A.M., Wu-Tang Clan Ain'T Nuthing Ta Fuck Wit, Reunited, Gravel Pit...) et un hommage à Ol' Dirty Bastard un peu gâché. Shimmy Shimmy Ya et Got Your Money ont failli retourner la plaine mais attendre d'un public francophone et festivalier qu'il chante toutes les paroles était un peu risqué. Un set qui a assuré l'essentiel mais chaotique (surtout les 20 premières minutes), auquel il aura manqué quelque chose pour mettre encore plus le feu.
Papillon grimpe
Finalement, comme le jeudi, la vraie claque viendra des Belges, preuve qu'il n'y a pas que nos canards qui savent danser. D'abord par Goose qui a électrisé la plaine en début de soirée avec un set sans fautes, puis par The Subs toujours aussi furieux dans un HF6 chauffé à blanc. Papillon, leader du groupe, grimpe les structures et marche sur le public, ravi, avant de finir avec un Face Of The Planet extatique. Dr Lektroluv prendra le relais, le public est bouillant, suant et souvent torse nu, prêt à poursuivre jusqu'aux petites heures dans une ambiance rave et collante à réserver aux plus acharnés. (VS/LS)
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