© epa.
Hier, nous vous avons apporté un avant-goût du Festival International de Benicàssim (FIB), mais comment parler de l'Espagne sans parler de ses saveurs? C'est que, quitte à vous rendre dans un festival espagnol, pourquoi ne pas succomber à la tentation? L'occasion de découvrir qu'on peut aussi proposer autre chose que des frites, des hamburgers et des plats thaïs. Bien entendu, Benicàssim ne déroge pas à la règle, mais on peut également y découvrir des saveurs inattendues et typiques de la région ou d'ailleurs.
Quand on se trouve dans le pays où les tapas sont incontournables et le jamón, une institution, il était bien clair que ceux-ci allaient se créer un passage même là où on ne les attendait pas. Du coup, on craque pour les beaux morceaux de viande cuits a la plancha, pour les fritures (ok, c'est pas forcément plus sain, mais mmmmhh, c'est bon!), pour la paella, etc. Ça sent bon l'Espagne et ça réveille nos papilles. Comme quoi, il n'y a pas que le soleil et la mer turquoise qui nous dépayse. Et si cela ne vous attire pas, il y en a encore plus: cuisine marocaine, indienne, anglaise (le fameux fish&chips)...
Si vraiment vous ne trouvez pas de quoi sustenter vos appétits gourmands, sachez que le centre du village de Benicàssim se trouve à une dizaine de minutes à pied seulement du site du festival. L'appel des tapas sera vous les faire parcourir sans broncher et l'ambiance chaleureuse des ruelles du village auront vite fait de vous séduire. C'est ça aussi le FIB: un festival au coeur d'un village accessible où la vie suit son cours malgré l'arrivée massive de festivaliers.
On se glisse à une table, dans une petite rue animée et on hésite devant la longue liste de saveurs qui s'offre à nous: patatas bravas, tortillas, queso manchego, jamón serano, calamares a la romana, chorizo, albondigas..., sans oublier les petits pains recouverts de jambon, de fromage, de poisson, de saucissons, de... Oui ! D'accord, ça donne envie. Et pour digérer tout ça, il vous suffira de commander une sangria. Elle est pas belle la vie?
Bob Dylan.
Le temps de remonter jusqu'au site et votre estomac sera d'aplomb pour partir à la découverte des autres activités insolites que propose le FIB. Parce que Benicàssim, c'est un peu la fête foraine au milieu d'un festival de musique. On y trouve des attractions variées qui donnent des sensations fortes. La Foire du Midi entre deux scènes! On a du mal à y croire en les voyant tournoyer de loin, mais oui, elles sont bien là.
Evidemment, une fois quelques bières ou shots avalés, les esprits conquérants se bousculent pour s'envoyer en l'air. Histoire de chanter la tête en bas en priant pour que les tapas restent bien accrochés à leur estomac. On se demande tout de même ce que les artistes pensent en s'époumonant au milieu de cette fête foraine géante...
En parlant d'artistes, ce vendredi soir accueillait une légende toujours bien vivante: Bob Dylan himself! A 71 ans, Bob a toujours une voix magique et on écoute quasi religieusement ses chansons. Vêtu de son costume de cow-boy et de son chapeau, Dylan enchaîne de sa voix rauque "Tangled Up in Blue", "Highwater" ou "Highway 61 Revisited". Il ne donne pas un concert, il nous raconte une histoire au coeur de l'Amérique profonde et à la fin de son set d'une heure trente, il entonne - comme un cadeau - "Like a Rolling Stone".
Django Django.
Katy B.
Avant le grand Bob, Miles Kane avait ouvert les hostilités et avait réussi l'exploit d'ameuter les foules. Il faut dire que le site était encore désert et que les groupes ayant donné leurs prestations avant 20 heures n'avaient eu droit qu'à une poignée de spectateurs. Et une scène avec deux pelés et trois tondus rassemblés devant, ça donne un petit air misérable à l'ensemble. Les Britanniques auront donc rendu hommage à leur Miles Kane national, qu'on avait déjà apprécié il y a peu à Werchter et qui ne manquait pas d'énergie malgré les 35 degrés de ce début de soirée.
Sur la deuxième scène principale, un groupe de rock espagnol rassemblait leurs fidèles compagnons: La Habitacion Roja. Une formation qui mériterait de sortir des frontières espagnoles: c'est dynamique, dansant et ça tient vraiment bien la route. Si l'envie vous prenait de partir à la découverte des artistes de la région, La Habitacion Roja mérite toute votre attention.
Après le grand Bob Dylan, toujours lui, Benicàssim a totalement changé de style avec la montée sur scène des jeunes petits prodiges de Django Django. Leur titre "Default" annonçait déjà de bonnes ondes et un bon tempo, mais leur concert aura fini de nous convaincre: Django Django, c'est la nouvelle sensation du moment pour les amateurs de rock psychédélique un rien électro. Originaux, plein de peps et sympathiques, les joyeux lurons ont apporté le petit déhanché qui manquait encore à la soirée.
La voie était donc ouverte pour Katy B, qui était également à Werchter, et qui elle aussi sait attirer la grande foule. On aime sa fraîcheur, son petit air malicieux et la force qu'elle déploie pour rappeler aux spectateurs qu'ils sont là pour faire la fête. Un sacré bout de femme, on vous le dit! Au même moment, Bombay Bicycle Club prenait possession de la scène principale avec moins d'énergie que Katy. Un peu dommage que la demoiselle n'ait pas eu les honneurs de cette scène-là, ça aurait réveillé tout ce beau monde. Chase&Status suivait d'ailleurs le mouvement pour terminer la soirée aux petites heures, bien qu'avec plus d'énergie. Une deuxième soirée plus en douceur donc pour cette deuxième journée du festival de Benicàssim.



Par: