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Dieu est descendu à Dour

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Par: Manon Le Boulengé
14/07/12 - 11h59
Sébastien Tellier © Facebook.

Vendredi 13/07 Vendredi, à Dour, c'est en bottes qu'il fallait débarquer. La plaine, totalement noyée, est le témoin de centaines de pelles dans la boue. Heureusement, le temps est resté sec toute la journée et a permis aux festivaliers de profiter du son sans se soucier de la pluie. Au programme du jour, il y en a encore une fois pour tous les goûts: du hip-hop d'A.S.M. à l'électro sensuel de Tellier, en passant par le métal industriel de Ministry.

A 15h20, les Liégeois de Malibu Stacy débarquent dans La Petite Maison dans la Prairie. Il y a des gens sous le chapiteau, mais on pensait en voir plus, et on croyait surtout que le public allait être chaud pour chanter et pour suivre l'énergie du chanteur et sa tête de premier de classe. Malheureusement, à cause du champ de boue ou de l'heure "matinale", la motivation du public n'est pas au rendez-vous. Lorsque Dave incite les spectateurs à frapper dans les mains, seuls quelques bras se tendent vers le ciel pour marquer le rythme.

Au niveau musical, le style de Malibu Stacy a évolué depuis ses débuts. Sa musique est plus difficile à cerner, certainement moins simpliste et plus intéressante. Le manque de chansons bien pêchues à la "Los Angeles" donne cependant au concert un côté moins festif que ceux que Malibu Stacy proposait lorsqu'on l'a découvert, même si les musiciens montrent bien qu'ils sont toujours aussi passionnés par ce qu'ils font.

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Hanni el Khatib © photo news.
Hanni el Khatib © photo news.

Sous la Magic Tent, ce sont les Anglais de Murkage qui ouvrent le bal. Ces artistes, qui mixent le rap et l'électro, ont le style des gros rappeurs américains, et leur musique semble également s'inspirer de leurs cousins d'Outre-Atlantique. En fond de scène, le nom du groupe en grosses lettres sur un écran qui diffuse des dessins de diamants. Très bling-bling et un peu trop bruyant. C'est que tout le monde n'est pas encore réveillé, et que le son dans la Magic Tent est décidément poussé trop fort.

Peu après, on retrouve Hanni el Khatib dans la Petite Maison. L'homme, accompagné d'un guitariste et d'un batteur, a suscité la curiosité des festivaliers, qui sont venus nombreux pour découvrir l'univers de ce musicien de San Francisco. Hanni el Khatib, c'est beaucoup de guitare électrique, un peu de batterie, et un peu de chant. On est tentés de décrire sa musique comme du rock garage mélodique, parce que le son est agressif, un peu "crade", mais quand même tout-à-fait audible et harmonieux. Malgré tout, certains morceaux laissent les spectateurs sur leur faim en se terminant de façon très brutale et inattendue... "Ben quoi, et la suite?", a-t-on envie de crier aux musiciens.

Du côté du public, l'ambiance est bonne: des ballons multicolores volent dans la foule, on bat la mesure des pieds et des mains, on danse. C'est que le trio qui est sur scène dégage une belle énergie, un mélange de passion et de bonne humeur, qui ne laisse personne indifférent.

Roots Manuva © photo news.

A 18 heures, Roots Manuva succède à 1995 sur la Last Arena. Le rappeur londonien a rassemblé les festivaliers, qui ont bravé la boue pour se presser au plus près de la scène. Le temps est clément et la terre commence tout doucement à sécher. L'artiste, qui a entre autres collaboré avec Gorillaz, propose un savant mélange de hip-hop, reggae et ragga. Intéressant, rythmé et travaillé. L'artiste a de la bouteille, et ça se sent. Le public apprécie le spectacle et le fait savoir.

Après Roots Manuva, la foule court vers le Dance Hall, où se prépare le concert attendu d'A.S.M. (A State of Mind). La première chose qui frappe sur scène, c'est l'écran qui se situe derrière les musiciens. On sent d'emblée qu'il sera l'un des éléments-clé du show. On ne peut aussi que remarquer la disposition des artistes sur la scène. A gauche, trois hommes en chemise cravate munis l'un d'un trombone, l'autre d'une trompette, et le dernier d'un saxophone. A droite, un DJ et VJ calé dans le fond de la scène. Enfin, au milieu, deux chanteurs.

Dès les premières notes, le show s'annonce spectaculaire: le trio d'instruments à vent danse dans une chorégraphie travaillée, les hommes aux micros interpellent la foule, et le VJ anime le tout grâce à des vidéos passant des images d'un vieux film des années '70 aux graphismes d'un jeu vidéo d'aventures.

Le jeu de scène est lui aussi au rendez-vous: les deux chanteurs titillent la foule, font des démonstrations de beatbox, lancent des balles imaginaires et s'amusent entre eux. Le show est très divertissant et bien dansant, de quoi ravir les festivaliers, qui auront même eu droit à un rappel à la fin du spectacle grâce à leur insistance et leurs applaudissements.

Sébastien Tellier © photo news.
Sébastien Tellier © photo news.
Sébastien Tellier © photo news.
Sébastien Tellier © photo news.
Sébastien Tellier © photo news.
Sébastien Tellier © photo news.

Après un détour sur la Main Stage pour écouter quelques morceaux de Dinosaur Jr, qui apporte un peu de rock très agréable et de beaux solos de guitare dans cette journée très hip-hop, c'est l'heure de se diriger vers l'un des shows les plus attendus de la journée, celui de Sébastien Tellier.

On ne savait pas trop à quoi s'attendre pour ce concert basé sur la thématique de "My God is Blue", le nouvel album de Tellier qu'on n'avait pas encore découvert sur scène. Finalement, le spectacle s'est avéré envoûtant, décalé et sensuel, du Sébastien Tellier pur jus.

Au milieu de fleurs de lotus et en hauteur, l'homme apparait en contre-jour dans une lumière bleutée, les bras ouverts et tendus vers le ciel. Tel un messie ou un gourou, Tellier descend sur scène et souhaite la bienvenue à ses fidèles. C'est parti pour une heure de trip musical dans l'univers électro-sexy de l'artiste.

Après avoir joué quelques morceaux de son nouvel album, "Pépito Bleu", "Cochon Ville", "Russian Attractions", Tellier replonge la foule dans l'album "Sexuality". "Sexual Sportwear" et "L'amour et la violence" emmènent les adeptes de l'homme à la barbe et aux lunettes noires au septième ciel. L'ambiance est quasiment mystique. C'est que les morceaux qu'on écoute en rêvassant sur CD prennent une toute autre dimension en live, où ils se révèlent puissants et encore plus pénétrants.

Si Sébastien Tellier n'a rien perdu de son talent, il a également gardé ses commentaires décalés, qu'il place entre chaque morceau. "J'aimerais que quelques personnes se déshabillent, au moins le bas, pour célébrer la chanson sur le petit cochon", "J'ai créé le mouvement de l'Alliance Bleue. On a besoin de fonds. Des enfants handicapés passeront bientôt dans la foule avec des chapeaux", ou encore "J'ai toujours cru que c'est en s'amusant qu'on s'approche de la vérité", Tellier fait sourire et fascine à la fois. Son surnom de gourou lui convient à merveille.

Les nombreux fidèles sortiront de la Marquee conquis et totalement dévoués à leur "dieu bleu", après un rappel très demandé qui se terminera en plein milieu de la chanson "Roche", sur la phrase sans équivoque "Amoureuse de Sébastien".



Lorsqu'on sort de la Marquee, un spectacle à l'opposé de ce qu'a offert Tellier se présente sur la Main Stage. Ministry a sorti sa voix rauque et sa batterie à double pédale. Le métal industriel du groupe de Chicago ravit les fans du genre, qui se déchaînent sur la plaine à présent totalement praticable. Un peu dur pour les oreilles des non-initiés, le son est brut et lourd et le groupe, baigné dans une lumière rouge, offre aux festivaliers une énergie différente de tout ce qu'on avait pu voir dans la journée pour ce deuxième jour de Dour.

Ceux qui ont du mal à supporter le métal agressif de Ministry se dirigeront vers la Redbull Stage, où James Blake investit la console avec un peu de retard. Le set du DJ est dans un premier temps minimaliste et envoûtant. La fin de la prestation, plus énergique, préparera les festivaliers à une deuxième nuit électro.

© photo news.
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