C'est du belge!
Les spectateurs de la "Nuit belge" avaient l'occasion de finir la soirée de façon agitée à l'Orangerie, avec les majorettes des Vedettes.
Lionel Solveigh, ancien guitariste du groupe Austin Lace, a évoqué ses questions identitaires armé de sa six cordes, samplant accessoirement riffs, percussions et voix de manière sobre et intelligente.
Les Vagabonds, rebaptisés Lucy Lucy, ont géré le format "salon" et la disposition "panoramique" du Museum avec beaucoup d'aisance, tout au long d'un set idéalement pensé pour ce lieu à la fois cosy et impressionnant.
En grande forme, David Bartholomé, chanteur du groupe Sharko, a quitté la scène par la foule, sortant du chapiteau par les portes du fond et laissant ses deux compères finir le concert seuls.
Les Nuits du Botanique avaient hissé haut les couleurs de notre drapeau, mercredi soir, pour leur "Nuit belge", regroupant artistes du Nord et du Sud du pays sur la même affiche. Même si on jouait moins des coudes que de coutume dans les couloirs, la formule a une fois encore attiré les foules, venues écouter musiciens renommés ou fraîchement émergés, dont entre autres Sharko, Daan, Les Vedettes, The Experimental Tropic Blues Band, The Bony King Of Nowhere, Major Deluxe, Jeronimo et BaliMurphy. Proposant à nouveau l'accès toutes salles pour le prix d'un seul billet, la soirée aura imposé des choix cruels mais aucun à regretter.
Pour commencer cette Nuit belge en douceur, il fallait prendre place dans la Rotonde, où Lionel Solveigh, ancien guitariste du groupe Austin Lace, venait présenter son premier album personnel, intitulé
Home et récemment publié sur le label Humpty Dumpty. Seul en scène, le musicien a évoqué ses questions identitaires armé de sa six cordes, samplant accessoirement riffs, percussions et voix de manière sobre et intelligente, pour des résultats enrichissants et en place. Un silence religieux planait sur la Rotonde, remplie lentement mais sûrement par un public très réceptif, ravi aussi d'entendre des interventions pleines de sens et d'humour entre les morceaux, une qualité qui se perd.
Un peu plus tard, les anciens Vagabonds, rebaptisés Lucy Lucy en cours de route, expérimentaient le format "salon" dans la salle du Museum. Le jeune quintette a géré la disposition "panoramique" de l'endroit avec beaucoup d'aisance, tout au long d'un set idéalement pensé pour ce lieu à la fois cosy et impressionnant. En progrès constant depuis le début de son parcours, le groupe désormais soutenu par 62TV, Bang et Nada a proposé le meilleur de son folk-rock, vintage ou non, mais toujours de feeling anglo-saxon. De
The King And The Leper à
Clock, les harmonies misent en place ont charmé l'assemblée sans difficulté.
Les spectateurs avaient l'occasion de finir la soirée de façon plus agitée, avec les majorettes des Vedettes à l'Orangerie ou la pop de Sharko sous le chapiteau. Le trio bruxellois emmené par David Bartholomé a défendu avec conviction son nouvel album,
Dance On The Beast, paru fin avril et promu en radio par le single
Rise Up. Pour le plus grand plaisir des habitués, l'humour du chanteur et l'interactivité caractéristique étaient au rendez-vous, tout comme plusieurs anciennes chansons glissées dans la prestation, dont
I Went Down,
Excellent,
No Contest et
Motels. Le concert s'est clôturé sur un rappel un peu "folklorique", avec d'abord une version très "curesque" du fameux
Spotlite, où David a échangé sa basse contre les fûts de son batteur Charly, et enfin un départ du chanteur dans la foule, quittant le chapiteau par les portes du fond, pour disparaître Dieu sait où et en tout cas laisser ses deux compères finir seuls. Les malades et ceux qui avaient opté pour une autre salle pourront les revoir aux Ardentes en juillet ou à l'Ancienne Belgique en octobre.
Sébastien Cools