L'homme au crâne rasé, la femme chocolat, un drôle de Tryo

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Par: rédaction
22/07/09 - 14h55
Figure connue des bars en folie et du Village Francofou, Cédric Gervy, touché par un pépin de santé quelques jours avant le festival, était doublement content de pouvoir finalement jouer sur la scène Pierre Rapsat.
Au-delà de sa tenue affriolante et de son joli minois, Olivia Ruiz a charmé aussi et surtout par son talent et son énergie, bien mis en valeur grâce à des orchestrations aussi originales que remuantes.
La joyeuse bande de Tryo s'est chargée de faire rentrer ce 21 juillet dans les mémoires, avec une prestation enjouée et interactive de presque deux heures.

La 16e édition des Francofolies de Spa s'est achevée dans la nuit de mardi à mercredi, avec une soirée haute en couleur du côté de la scène Pierre Rapsat, qui accueillait notamment la belle Olivia Ruiz et un groupe Tryo en très grande forme.

Dans leur bilan de fin de festival, les organisateurs ont estimé que l'événement spadois avait attiré quelque 180.000 personnes dans la Ville d'eau tout au long des cinq jours. Ces chiffres inférieurs aux années précédentes sont liés au réaménagement souhaité du Village Francofou dans le Parc de 7 Heures, ont-ils souligné. Du côté de la place de l'Hôtel de Ville, seul le concert de Francis Cabrel, le premier soir, a affiché complet.

Pour le dernier jour des festivités, dimanche, côté Village Francofou, l'après-midi a été électrisée par les Québécois de Karkwa ainsi que par les Belges d'Elvis Ghettoblaster et de The Experimental Tropic Blues Band. L'ambiance allait rester très nerveuse du côté de la grande scène Rapsat, avec trois noms réputés pour leurs prestations scéniques euphorisantes.

Les Francos vous offrent une tournée générale...
Le Brabançon Cédric Gervy a donné le coup d'envoi de la dernière soirée des Francofolies 2009 dès 19h00. Le gai luron, touché par un pépin de santé quelques jours avant le festival, était doublement content de pouvoir finalement être là. Figure connue des bars en folie et du Village Francofou, l'homme au crâne rasé a voulu pour son arrivée "dans la cour des grands" livrer un concert en forme de "best of". Mission accomplie avec brio et même agrémentée de l'un ou l'autre nouveau morceau.

Entrés en scène sur la musique du générique de l'émission "Strip Tease", Cédric et les Gervy ont enchaîné chansons festives ou humoristiques, tels Tuneurs au Cerveau, Raï ou CotchaCa le Reggae, et morceaux plus engagés, tel Le Jour du Chien, dédié à Tryo. Le tout toujours agrémenté de jeux de mots et traits d'esprits, souvent d'airs fédérateurs, et à l'occasion d'un riff pompé ailleurs pour secouer le spectateur.

Après avoir contenté les supporters de la première heure en balançant le fameux Playstation pour finir, Cédric et les siens sont revenus pour se faire plaisir avec un ultime Poisson d'avril, entraînant une forêt de doigts sur la place de l'Hôtel de Ville et promettant une tournée générale sur le compte des Francos. C'était bien sûr un poisson, mais la foule n'avait de toute façon plus besoin d'alcool pour être grisée.

Une chose est sûre, le quatuor fera encore parler de lui, notamment grâce au bien nommé Le Carton, déjà entendu en live mais qui fera office de single.

Olivia for rêveurs
Idéalement mis en condition avec cette ambiance rock 'n' roll, les spectateurs ont accueilli avec ferveur la pétillante Olivia Ruiz. Bien loin de l'aventure Star Academy, l'artiste évolue depuis un bail dans un univers personnel très coloré, aux accents hispaniques voire punks, pour ne citer que ceux-là.

"Olivia for rêveurs", lisait-on sur une banderole pendue à un balcon de la grand place. La jupe à froufrous de la jeune femme était déjà une porte ouverte au fantasme, mais si en plus Olivia justifiait un changement de chaussures en promettant que cela l'aiderait à mieux sauter et donc à montrer sa petite culotte... les rêveurs ne se sentaient plus de joie.

Au-delà de sa tenue affriolante et de son joli minois, la chanteuse a charmé aussi et surtout par son talent et son énergie, bien mis en valeur grâce à des orchestrations aussi originales que remuantes. Olivia Ruiz a réclamé et reçu l'aide des choeurs spadois, reprenant entre autres ses succès J'traîne des pieds, Belle à en crever, Elle panique ou encore La femme chocolat, gardée pour les rappels.

Le concert s'est achevé sur un ton un peu surréaliste, Olivia interprétant le final sur un trapèze, élevé à une dizaine de mètres de hauteur puis dans un second temps jusqu'au sommet de la scène.

Caramba!
Les organisateurs avait joué une belle carte en invitant le groupe français Tryo comme tête d'affiche du dernier soir. La joyeuse bande s'est chargée de faire rentrer ce 21 juillet dans les mémoires, avec une prestation enjouée et interactive de presque deux heures. Mali, Guizmo, Manu, Danielito, Frédéric et Pablo ("Caramba!") ont conquis le public de Spa sans difficulté, grâce à leur humour, leurs textes invitant à la réflexion et leur musique valsant entre reggae, ragga et world.

Le groupe a régalé ses fans avec entre autres La main verte, Ce que l'on s'aime, El dulce de leche, Si la vie m'a mis là ou encore Sortez-les. En fin de partie, Désolé pour hier soir a été pimenté par une brève drache nationale tardive. La fête était si réussie que cela n'aura provoqué qu'une sortie massive d'imperméables et pas une fuite générale.

Profitant de ce créneau final du festival propice à un moment de bonheur, Tryo s'est laissé aller à des rappels à rallonge, avec le récent single Toi et moi, une petite jam hésitant entre Michael Jackson et ACDC, une reprise freestyle du Poinçonneur des Lilas, puis encore Pomp'Afric et L'hymne de nos campagnes comme cerise sur le gâteau.

Avant de partir, la fine équipe a même effectué une petite chorégraphie -répétée mais ridicule- sur le hit Around The World de Daft Punk, en introduction aux traditionnels remerciements de clôture du festival.

Sébastien Cools

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