Il y a des films dont on ne comprend pas l'utilité. Des films qui créent juste l'ennui et le malaise. Sleeping Beauty de Julia Leigh (en compèt') est de ceux-là. Ne vous y trompez pas: le titre fait référence au conte de fée mais n'a rien de son romantisme. Pas de prince charmant ici, que de vieux pervers désireux de réaliser tous leurs fantasmes sur une jeune fille sans le sou et prête à tout pour gagner de l'argent.
Au réveil, aucun souvenir
Elle accepte donc de dormir nue, éreintée par un puissant somnifère, sans savoir le sort qu'on lui réserve. Elle ne sait qu'une chose: les hommes qui risquent de faire usage de son corps de belle endormie son vieux et riches. Seule règle de la nuit à respecter: pas de pénétration. Quand elle ouvre les yeux, elle ne sait rien des dernières heures qui viennent de s'écouler.
Dans les cinq premières minutes du film, c'est bien simple, la jeune étudiante interprétée par Emily Browning, vue récemment dans Sucker Punch, se drogue, vend son corps et picole. Plus tard, elle se rend donc à l'une des soirées organisées chez de vieux riches, qui lui demandent de servir les boissons du repas nue et la bouche peinte de l'exact même rouge que celui de ses grandes lèvres. Celles d'en bas, pour les naïfs. Bienvenue dans le monde malsain de Julia Leigh.
Pénétration interdite mais malaise certain
La pénétration est certes interdite, ça n'empêche pas le film d'être relativement traumatisant: les vieux bonhommes excités par la peau blanche de la Belle nous offrent leur nudité de face et sans aucune gêne et lui lèchent le visage avec une grosse langue pâteuse et humide de manière dégoûtante quand ils ne l'insultent pas en lui brûlant la main avec une cigarette.
Ce huit clos érotique sans musique est glaçant et dérangeant. "Un défi" à relever pour Emily Browning, 22 ans à peine. "Dans la vie, je ne suis pas quelqu'un de très courageux et j'ai pensé qu'il fallait que je le sois davantage dans mes rôles." Ou pas?
Dé.L.
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