Bouchaïd Moqadem
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Emilie Dequenne vient d'être récompensée pour sa prestation dans le film A perdre la raison de Joachim Lafosse. Ce film a été inspiré librement par la tragédie de Nivelles en 2007: une mère de famille avait tué ses cinq enfants. Le père, aujourd'hui, estime qu'il a droit à l'oubli.
Bouchaïb Moqadem n'entend pas laisser sortir le film de Joachim Lafosse sans réagir. Le papa des cinq enfants assassinés à Nivelles a confié à nos collègues de RTL que l'idée de ce film l'avait rendu "malheureux et triste". Pour lui, "c'est une insulte" à la mémoire de ses enfants. "J'ai le droit à l'oubli. Cet assassinat et ce massacre gratuit sont inexplicables. Comment peut-on alors l'expliquer avec un artiste?"
Bouchaïb Moqadem n'a pas encore vu le film, qui sort mercredi. Pas de traitement de "faveur" et c'est normal: Joachim Lafosse insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas de son histoire. C'est inspiré de cette tragédie mais c'est une adaptation libre de l'histoire, pas la réalité. "On sera dans la fiction dans 100 ans, ici pas", estime l'avocate de l'ex-mari de Geneviève Lhermitte. "Tout le monde ira voir le film parce qu'il s'agit de ce drame-là, du drame de Nivelles."
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Bouchaïd Moqadem et le Docteur Schaar
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Le Dr Schaar, qui a inspiré le personnage joué par Niels Arestrup, est également furax. "C'est faire du fric sur cinq cadavres d'enfants", dit-il. "Le fait d'avoir fait le film avec un casting éblouissant me conforte dans cette idée." Dans L'avenir, il ajoute: "Joachim Lafosse a fait preuve d'un manque d'empathie vis-à-vis des enfants morts et se fout complètement des protagonistes vivants." Les avocats de Bouchaïb Moqadem et du Docteur Schaar envisagent de poursuivre Joachim Lafosse en justice si le film est malveillant à leur égard.
Le réalisateur n'est pas inquiet. Il nous rappelait cette semaine dans une interview qu'A perdre la raison n'est qu'une "fiction". "Le cinéma n'est jamais la réalité. Après, peut-être que le film dit des vérités mais il n'est pas la vérité judiciaire."
Bouchaïd Moqadem avait déjà porté plainte en 2010, lorsque le projet du film avait été annoncé. Il demandait à avoir un droit de regard sur le scénario. La justice avait estimé sa demande "recevable mais non fondée".



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