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La 3D-relief, une parade au piratage

Le cinéma en 3D-relief, très en vogue à Hollywood qui y voit une parade au piratage, n'arrive qu'au ralenti dans les salles françaises, pour l'instant rarement équipées de projecteurs numériques.

Cannes, le plus grand festival de cinéma mondial, s'est donc ouvert pour la première fois cette année avec Là-haut, en relief et produit par le studio américain Pixar-Disney pour quelque 150 millions de dollars.

"Nous avons une immense confiance dans ce procédé chez Disney, qui permet au spectateur de vivre une projection plus intense, plus poignante, bien supérieure à la télévision", a déclaré Jean de Rivières, directeur général de Walt Disney Studios en France.

Car ce procédé, qui plonge le spectateur au coeur de l'action, est en vogue parmi les grands studios américains qui l'ont adopté pour attirer un public jeune, habitué aux jeux vidéo et avide de sensations fortes, mais aussi contrer le piratage.

Ce coup de projecteur cannois est donc le bienvenu pour une technologie que l'industrie du cinéma juge prometteuse, mais qui s'impose lentement, faute de modèle économique pour financer l'équipement des salles.

Réalisé par Pete Docter et produit par le studio américain Pixar-Disney, Là-haut sortira fin juillet sur nos écrans, mais seulement une partie des salles seront en mesure de la projeter.. Or les films en relief produits aux Etats-Unis s'apprêtent à déferler dans les salles, puisque Disney seul en sortira dix d'ici 2012. Alice au pays des merveilles de Tim Burton et surtout Avatar signé par James Cameron l'auteur de Titanic, plus gros succès au box office mondial, en décembre prochain, sont parmi les plus attendus.

Et à Dreamworks Animation, tous les films seront désormais produits dans ce format : ainsi en a décidé le patron, Jeffrey Katzenberg, qui y voit la "troisième révolution du cinéma après le parlant et la couleur".

Mais fin mars, sa production Monstres contre aliens n'est sortie en relief que sur 42 écrans en France sur 800, un désaccord entre son distributeur et certains exploitants s'ajoutant au sous-équipement des salles. A l'origine du couac: un bras de fer entre le distributeur du film, la major américaine Paramount et les exploitants de salles françaises. CGR, 3e circuit de distribution, avait jugé trop élevée la majoration de 3 euros par ticket induite par les exigences de Paramount, qui s'est refusé à compenser la dépense causée aux salles par les projections en 3D-relief.

Car l'achat d'un projecteur numérique et souvent l'aménagement de la cabine de projection, mais aussi la gestion des lunettes - jetables ou réutilisables, elles sont souvent cassées, parfois volées - coûtent cher à l'exploitant.

Plus souple, Pixar-Disney a accepté de reverser 60 centimes d'euros par ticket vendu lors de la sortie de son film Volt, en février, un accord que la major ne reconduira pas automatiquement. "Nous n'avons encore pris aucune décision pour Là-haut. Nous allons voir comment le marché évolue, à l'heure actuelle on est à la recherche d'un modèle économique", dit Jean de Rivières. (afp/dl)
13/05/09 13h55
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