Un vrai film romantique qui fait pleurer ma voisine
La Néo-Zélandaise Jane Campion a opté pour une réalisation des plus classiques avec
Bright Star, présenté en compétition aujourd'hui, 13 ans après la Palme reçue pour
La leçon de piano. Mais la simplicité touche parfois bien plus que les effets de style. Sans être absolument renversant, ce film provoque son petit lot d'émotion.
L'histoire, d'autant plus touchante qu'on sait qu'elle est vraie, s'intéresse à l'amour du poète britannique John Keats (1795-1821) pour sa fiancée, la bourgeoise Fanny Brawne, qu'il n'a jamais pu épouser, terrassé par la tuberculose à à peine 25 ans.
"Enchanteur et douloureux"
"J'ai lu la biographie de Keats écrite par Andrew Motion et je suis aussitôt tombée dans un autre monde", expliquait cette après-midi Jane Campion. "Le récit de ces deux personnages m'a vraiment emballée et m'a tellement excitée. C'était en même temps enchanteur et douloureux. Vous pouvez l'explorer de différentes façons à travers les lettres de Keats qui sont vraiment vivantes, pleines de philosophie, de badinage, et à travers ses poèmes. Au départ, je ne me sentais pas tellement à l'aise avec ces poèmes. Vous en faites l'apprentissage et vous gagnez en confiance. J'ai bien aimé cette aventure et je suis triste de quitter ce projet."
Un vrai film romantiqueBright Star est un vrai film romantique, qui ne révolutionne pas le genre puisqu'il louche parfois doucement vers l'histoire de Roméo et Juliette, pour le côté "amour interdit". Le poète met du temps à déclarer sa flamme à sa belle Fanny, brillante, pleine d'esprit et passionnée de couture, sachant qu'il n'a pas assez d'argent pour
pouvoir un jour lui offrir la vie qu'elle mérite.
Leur amour sera tortueux, tour à tour enjoué et triste, heureux et désespéré, fait de retrouvailles et d'adieux déchirants et chaste, aussi.
Une caméra qui filme avec tendresseJane Campion filme Keats et Fanny avec beaucoup de tendresse et de douceur. Les champs de fleurs dans lesquels les amants se languissent l'un de l'autre dès qu'ils sont éloignés embaument et ajoutent au romantisme de leur histoire, tout comme les rayons du soleil qui viennent souvent caresser leur visage.
C'est émouvant parce qu'on comprend d'emblée que les amoureux avancent inéluctablement vers une fin douloureuse. Les âmes sensibles devraient pleurer au moins autant à chaudes larmes que notre voisine de fauteuil.
Dé.L.