Fanny Ardant nous ennuie
Fanny Ardant présentait aujourd'hui son premier film en tant que réalisatrice. Un long-métrage dont le titre ne nous inspirait qu'assez peu,
Cendres et Sang. Mais qu'importe: c'est parfois en entrant dans une salle de cinéma à reculons qu'on est agréablement surpris. Pas de chance, autant pour l'actrice à la voix suave que pour les spectateurs, ce ne fut pas le cas.
Cendres et Sang raconte l'histoire de Judith, qui élève seule à Marseille ses trois enfants, de père assassiné dix ans plus tôt.
Décidant de revenir au pays en famille, Judith ravive de vieilles haines et l'engrenage de la violence se met en marche.
Fanny Ardant en a fait une histoire pleine de silence, d'arrêt sur images stylés mais qui ne font pas avancer le récit, on a eu l'impression d'étouffer pendant les quarante minutes de film auxquelles nous avons assisté. Quand vous lisez un bouquin, si vous n'arrivez pas à accrocher à l'histoire au bout de 50 pages, il vaut mieux laisser tomber. Pareil pour un film. Si les trente premières minutes vous ennuient à mourir, il n'y a pas 36 solutions.
Peut-être étais-je mal réveillée? Peut-être trop négative d'emblée? Quoiqu'il en soit, je fus loin d'être la seule à avoir quitté la salle, déjà clairsemée à la base, en cours de route.
La réalisatrice en herbe sait, parfois, poser sa caméra parfaitement au bon endroit. Mais quand le plan est savamment étudié est
dévoilé à l'écran, il dure une demi-seconde de trop. On dirait presque qu'Ardant souhaite que le spectateur se dise: "oh, quelle belle image!" Ce n'est pas naturel, ce n'est pas très bien joué, c'est ennuyeux.
Laissons lui le bénéfice du doute Peut-être doit-elle
simplement se faire la main? Tout le monde n'est pas capable de faire un chef d'oeuvre dès la première tentative.
Fanny Ardant montera aussi les marches comme actrice d'ici dimanche. Elle partage l'affiche de
Visage avec, notamment, Leatitia Casta et Jeanne Moreau. Elle devrait être nettement plus à sa place devant que derrière la caméra.
Déborah Laurent