Le Premier ministre Yves Leterme a indiqué qu'il s'opposerait à l'octroi par certains Etats membres de l'Union européenne d'aides massives à destination de leur secteur automobile national.
"Je ne pourrai que m'opposer à des mesures qui fausseraient la concurrence", a indiqué jeudi M. Leterme à l'issue d'un entretien avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Redoutant des "mesures unilatérales des Etats membres pour sauver leur secteur automobile", le chef du gouvernement a plutôt appelé à l'élaboration d'une "approche horizontale". Il s'est d'ailleurs dit prêt à défendre cette cause "avec acharnement" lors du prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, le 10 et 11 décembre prochains à Bruxelles.
La Belgique, qui héberge plusieurs usines d'assemblage, redoute de voir l'Allemagne ou la France intervenir directement au profit de leurs constructeurs nationaux, ce qui créerait un désavantage concurrentiel pour les usines belges.
Le constructeur allemand en difficulté, Opel, a sollicité une aide financière directe de Berlin, et jeudi, à Montrichard, le président français Nicolas Sarkozy a répété qu'il ne laisserait pas tomber le secteur automobile français qui représente "10% de la population active française".
Vu la situation budgétaire actuelle de l'Etat fédéral, le gouvernement ne dispose en effet d'aucune marge pour donner le change à ses propres assembleurs si la France ou l'Allemagne délier leurs bourses pour leurs propres constructeurs.
Le Premier ministre s'est en revanche prononcé jeudi en faveur de mesures européennes qui soutiendraient l'innovation dans le secteur automobile, mais à condition que celles-ci ne profitent pas seulement aux constructeurs européens.
La Belgique compte en effet quatre assembleurs sur son territoire. Trois d'entre eux sont européens (Opel, Audi et Volvo), mais le quatrième, Ford, est américain. Yves Leterme a rappelé que la Belgique était par habitant l'un des plus importants constructeurs de voitures en Europe. "Le secteur représente plusieurs dizaines de milliers d'emplois directs, et 100.000 emplois indirects", a rappelé M. Leterme devant M. Barroso.
Selon les statistiques de la fédération belge de l'Industrie de l'Automobile (FEBIAC), le secteur automobile belge emploie 52.800 travailleurs. En 2007, 789.674 voitures ont été construites dans notre pays. (belga/ac)


