Une stratégie européenne pour la voiture électrique?
La présidence espagnole de l'Union européenne a proposé mardi "une stratégie commune de développement de la voiture électrique", un thème qui est pour la première fois au centre d'une réunion des ministres de l'Industrie de l'UE, à Saint-Sébastien (nord).
Lors de la présidence, "nous voulons donner un rôle central au véhicule électrique", a déclaré le ministre de l'Industrie, Miguel Sebastian, dans une interview diffusée sur le site de la présidence espagnole.
"Nous espérons que notre perception sera partagée par le reste des Etats membres et les institutions communautaires et que le Commission européenne prendra le relais en adoptant une stratégie commune qui sera débattue au Conseil des ministres du mois de mai", a-t-il ajouté.
Le présidence espagnole devait présenter à Saint-Sébastien un "document de débat", détaillant les principaux "défis posés par l'implantation du véhicule électrique à grande échelle". La voiture électrique est présentée par les gouvernements et les industriels comme une chance pour la relance économique et comme une nécessité écologique face au changement climatique.
Mais les pays européens y travaillent pour le moment en ordre dispersé face à leurs concurrents asiatiques et américains. En outre, le développement à grande échelle du véhicule électrique pose encore de nombreuses questions: coûts élevés, harmonisation des normes pour les batteries et pour les bornes de recharge (dont le réseau reste à créer), conséquences sur la consommation et la capacité de production d'électricité de l'UE.
D'où la volonté de l'Espagne de promouvoir une approche "conjointe et globale" au niveau européen "pour gagner une position d'avantage compétitif dans ce secteur", selon M. Sebastian.
L'acheteur potentiel cherche "une vraie voiture", un "véhicule pratique" avec "un coût d'utilisation global inférieur à celui des véhicules actuels", a déclaré au journal Diario Vasco de mardi le président de Renault Espagne, Jean-Pierre Laurent. La présidence espagnole de l'UE a invité à cette réunion des représentants des secteurs électrique (Iberdrola), automobile (Renault) et industriel (Siemens). (afp)