La tension à son apogée

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Par: rédaction
8/07/11 - 10h54
© reuters.
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Le formateur Elio Di Rupo fera rapport au roi ce vendredi à 16 heures. Comme il l'avait demandé, il a reçu jeudi la réponse à sa note des neuf partis impliqués dans les discussions. Sept partis ont dit "oui mais". La N-VA a clairement dit "non" et le CD&V s'est réfugié derrière la N-VA.
 
L'excuse FDF
Les sociaux-démocrates flamands ont répété qu'un accord n'était possible que par la négociation tout en ajoutant que pour eux la participation de la N-VA est "une condition nécessaire". Leur président, Wouter Beke, a même tenté dans la soirée à renvoyer la responsabilité au MR et plus particulièrement au FDF. "Si la N-VA ne veut pas s'asseoir à la table, nous serons livrés au parti d'Olivier Maingain", a-t-il dit.
 
"Je ne veux pas entrer dans ce jeu de ping-pong misérable" a répliqué le président du MR Charles Michel sur les antennes de La Première vendredi matin. Il a rappelé que le FDF a été plusieurs fois à la table des négociations avec le MR et que celui-ci n'a jamais été la cause d'une rupture. "D'ailleurs, les partis ont négocié sans nous pendant 7 mois et il n'y a pas eu d'accord", a-t-il insisté.
 
Tout le CD&V ne veut pas coller la N-VA
Après l'échec enregistré par Elio Di Rupo, "il n'y a plus beaucoup de scénarios possibles dans l'immédiat", a constaté la vice-première ministre Laurette Onkelinx. Charles Michel est toutefois d'avis que le formateur ne doit pas démissionner. "Dans les jours à venir il doit poursuivre les discussions. Il y a de la nervosité au CD&V. Tous les démocrates-chrétiens ne sont pas enthousiastes à l'idée de rester collé à la N-VA. Il faudra voir s'il n'y a pas de solution de ce côté".
 
Pour appuyer cette affirmation, l'ancien premier ministe CD&V Mark Eyskens a dit regretter la "position tactique" de son parti. "Nous avions l'opportunité de montrer que la N-VA est isolée et rejoint le Vlaams Belang qui a aussi descendu la note de Di Rupo". Reste à voir dans quelle mesure M. Eyskens est encore représentatif d'une tendance au CD&V. Le ministre-président flamand Kris Peeters, également CD&V, est en coalition en Flandre avec la N-VA et ne veut pas mettre son gouvernement en danger. Lui-même parle d'ailleurs régulièrement d'une nécessaire "révolution copernicienne" en matière institutionnelle.
 
Garder le gouvernement en affaires courantes?
Du côté francophone, on évoque encore toujours la possibilité de continuer avec le gouvernement en affaires courantes ou de mettre en place un gouvernement provisoire qui aurait reçu la confiance du parlement "mais pour cela il faut l'accord d'une partie au moins des partis flamands or, de ce côté, on constate des réticences", a ajouté Mme Onkelinx. Et de préciser: "le gouvernement en affaires courantes a fait du bon travail mais je constate de plus en plus un malaise du côté flamand en raison de l'opposition des partis flamands au parlement fédéral". La N-VA, le sp.a et Groen! sont en effet dans l'opposition au fédéral puisqu'ils ne faisaient pas partie du gouvernement sortant alors qu'ils participent aux discussions politiques actuelles.
 
Les élections sont généralement considérées, du côté francophone, comme une possibilité mais elles ne sont pas souhaitables car elles entraîneraient une radicalisation des positions.
 
De Wever prêt à être formateur
Toujours sur La Première, Eric Defoort, un des fondateurs de la N-VA, a souligné que, pour son parti, il fallait des "pas irréversibles vers le confédéralisme", et que "on ne trouve même pas une lueur dans cette direction" dans la note de Di Rupo. Il a aussi qualifié "d'étrange" le fait que le chef du plus grand parti (le président de la N-VA Bart de Wever, ndlr) n'ai jamais été formateur. Et de rappeler que M. De Wever s'est dit prêt "si on le lui demande".
 
A ce stade, il est difficile de dire comment les choses vont évoluer. Le formateur fera rapport au roi vendredi à 16 heures. Une rumeur circulant déjà avec insistance jeudi après-midi faisait état de sa volonté de présenter sa démission au souverain. Celui-ci pourrait temporiser et tenir la démission en suspens ou demander à M. Di Rupo de faire une dernière tentative. (belga)

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