Les journaux flamands sévères avec Yves Leterme

sauvegarder
Par: rédaction
24/06/10 - 12h18

Au lendemain de la démission de Marianne Thyssen, les journaux flamands ont remarqué qu'elle avait été poussée dans un rôle qu'elle n'avait pas souhaité. Le Premier ministre démissionnaire, Yves Leterme, fait pour sa part l'objet de critiques sévères.
 
Pratiquement tous les éditorialistes remarquent que Marianne Thyssen a été bombardée à contre-coeur à l'avant-garde du CD&V pour les élections du 13 juin. "Elle a démissionné suite à un résultat dont elle n'est pas responsable", a écrit Liesbeth Van Impe dans Het Nieuwsblad, soulignant la loyauté de Mme Thyssen.
 
Luc Van der Kelen, dans Het Laatste Nieuws, note que le CD&V se décompose en deux camps. D'une part, le camp nationaliste de droite avec Kris Peeters, Tony Van Parys et Stefaan De Clerck et d'autre part, le camp Renders-Cortebeeck avec Steven Vanackere et Inge Vervotte comme protagonistes. "Il y a un troisième camp, mais il est constitué d'un homme. Le camp-Leterme. Il travaille principalement pour lui-même", a-t-il remarqué.
 
"La disparition tragique de Marianne Thyssen", souligne Bart Sturtewagen dans De Standaard, "était prévue depuis le jour où Yves Leterme lui a confié le premier rôle pour les élections". Il évoque deux stratégies. Pour lui, soit Leterme est un cynique replié sur lui-même qui a un jour fait un tour rue de la Loi, soit il n'était intellectuellement pas en état de voir à quels ravages cela mènerait.
 
"Un homme d'honneur doit maintenant se montrer solidaire et faire lui aussi un pas de côté", écrit Paul Geudens dans Gazet van Antwerpen. "Leterme ministre du gouvernement Di Rupo, ce serait vraiment la honte".
 
Selon Yves Desmet, dans De Morgen, Marianne Thyssen a rempli son devoir et sera dans l'histoire comme une des nombreuses victimes d'Yves Leterme. Il voit en Kris Peeters le nouveau chef de file des démocrates-chrétiens flamands.
 
Du côté francophone, la démission de Marianne Thyssen n'est pas commentée longuement. Seul Le Soir y consacre un éditorial, rappelant qu'"en deux ans et demi, le CD&V a usé trois présidents et connu deux interims". Pour Martine Dubuisson, "la responsabilité des ténors du parti est écrasante".
 
Elle cite ainsi Yves Leterme, "qui a refusé d'assumer son bilan devant les électeurs flamands"; mais aussi Kris Peeters "qui a joué les fantômes dans la campagne pour ne pas devoir assumer une partie de la défaite annoncée". Elle conclut que Marianne Thyssen a été "sacrifiée" par le parti. (belga)

Votre avis nous intéresse!