"Le gouvernement doit préparer des mesures d'urgence"
Yves Leterme, ici de dos, a dit avoir "des atomes crochus" avec Mme Milquet.
Les trois présidents du MR, du PS et du cdH sont d'accord pour dire que le gouvernement provisoire doit préparer des mesures d'urgence pour répondre aux préoccupations des plus démunis. Ils veulent aussi définir une position francophone forte en vue du débat institutionnel qui sera tenu parallèlement aux activités gouvernementales. Quant à Ecolo, il se dit sceptique par rapport à la faisabilité budgétaire des mesures que devra prendre ce gouvernement mais les Verts ne ferment pas la porte à une participation gouvernementale.
Le débat des présidents de partis diffusé dans l'émission
Mise au Point de la RTBF a permis à Didier Reynders (MR) de se réjouir de la mise en place du gouvernement Verhofstadt III, bien qu'il ne corresponde pas aux voeux de l'électeur. Il devra prendre des mesures d'urgence alors que d'autre part se préparera un gouvernement "définitif", a-t-il dit. Charles Michel, qui a poursuivi le débat en lieu et place de M. Reynders -appelé au débat de la Chambre- a insisté sur la nécessité de baisser les impôts sur le travail -mais aussi sur les revenus moyens- et d'augmenter les petites et moyennes pensions.
Même s'il ne veut pas voir l'ensemble du programme de l'orange bleue repris par le gouvernement provisoire, Elio Di Rupo (PS) et Joëlle Milquet (cdH) s'est dit d'accord, tout comme Joëlle Milquet (cdH), pour une réforme fiscale centrée sur la classe moyenne et les bas revenus mais aussi sur une baisse des prix de l'énergie. Mais pour Jean-Michel Javaux (Ecolo), "il s'agit là d'une liste de cadeaux de Noël dans laquelle il faudra faire des arbitrages car le budget 2008 est déjà en déficit". Les écologistes sont toutefois satisfaits du fait qu'il y ait au moins un gouvernement. La nécéssité d'une concertation francophone forte pour préparer le débat insitutionnel avec les partis flamands semble faire l'unanimité. "Il faut aller à la négociation communautaire sans tabou, mais ça ne veut pas dire que les francophones ne doivent pas arrêter une position forte", estime, pour sa part, Charles Michel (MR).
"Le cdH a toujours dit oui à des adaptations institutionnelles, à discuter dans un groupe indépendant du gouvernement, mais il n'est pas là pour devenir tout à coup le paillasson des exigences flamandes", a dit Mme Milquet, avertissant qu'il ne fallait toucher ni à la sécurité sociale ni à la fiscalité des Régions. M. Di Rupo a dit ne voir aucun inconvénient à ce que la concertation francophone soit convoquée par Didier Reynders. Il a aussi plaidé pour une majorité francophone la plus large au sein du gouvernement et donc pour l'entrée d'Ecolo en son sein. "Si l'on veut que le rôle de la N-VA ne soit pas déterminant, il faut que la majorité soit plus importante", a-t-il dit, souhaitant qu'elle soit de l'ordre de 109 sièges à la Chambre.
Il est dans l'intérêt des Wallons, des Bruxellois et de tous les Francophones que les extrémistes ne mènent pas la négociation, estime le président socialiste. Même son de cloche chez Joëlle Milquet, qui espère la présence du sp.a et des Verts dans la majorité. Le débat a, lui aussi, permis d'insister sur le fait que c'est à la suite de l'appel du CD&V à une majorité plus large que le cdH a rallié le gouvernement. "Après tout ce que nous avons accepté au cours des négociations de l'orange bleue, c'est insultant de dire que le cdH a tout fait pour que le PS revienne au gouvernement", a encore ajouté Joëlle Milquet.
Jean-Michel Javaux a affirmé que les Verts sont toujours prêts à participer à un gouvernement, pourvu qu'il y ait un programme sur la table. En marge du débat, Yves Leterme s'est réjoui de voir un gouvernement s'occuper des mesures d'urgence, pendant que l'on prépare par ailleurs un gouvernement de législature. Il estime que la négociation communautaire doit notamment permettre aux Francophones d'accepter une solution équilibrée, une solution qui ne sera pas imposée.
Il a dit avoir "des atomes crochus" avec Mme Milquet et s'est félicité du choix de Josly Piette comme ministre cdH à l'Emploi et au Travail même s'il y avait envisagé Inge Vervotte. M. Leterme a souligné que Didier Reynders avait fait preuve de responsabilité pour permettre de lever les tabous entre partis. (belga)